Shooting photo - Chapitre 1

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Chapitre 1

#epub

Cette idée lui trottait dans la tête depuis un long moment. Il l'avait murie et imaginée si souvent, qu'il avait parfois le sentiment de l'avoir déjà vécue. Bel homme approchant dangereusement la quarantaine, il était depuis tout petit déjà, très porté sur les plaisirs charnels. Limite aventureux, bien que très timide, il se sentait presque vicieux par moments.

Marié à Laure depuis une dizaine d’année, il prenait du temps pour accepter de se confier à celle qu’il chérissait tant. Non pas que la pudeur le retint, mais la crainte d'être jugé par celle qui comptait tant pour lui le hantait. Souvent, il se taisait, par crainte d’une mauvaise interprétation des choses. Dans son esprit, toutes ces pensées participaient d’un jeu, dans la relation intime qu'il entretenait avec sa conjointe. Il était certain qu’il était vital pour leur équilibre à tous les deux, de souffler sur les braises du désir en faisant preuve d’imagination et d’innovation, afin de ne pas sombrer dans l’abysse du train-train quotidien.
 
Cette fois-ci, la confession sur le sujet s'était faite au détour d'une discussion qu'il n'avait pas maîtrisée du tout. La conversation s'était engagée autour des sujets artistiques, de leur splendeur et magnificence. Il était question d'architecture, de constructions, de monuments... Laure exerçait dans la décoration d’intérieur, après des études d’architecture. Puis, le sujet avait bifurqué sur l’art de la photographie. Photographier un joli paysage savoyard, ou un beau monument, au détour d'un trajet.
 
C'est à ce niveau qu'il se fit charrier sur le plaisir qu'il avait de photographier sa conjointe dans des poses qui ne souffraient aucune ambiguïté, lors de leurs soirées coquines. Elle ne se gênait pas lorsqu'elle trouvait un moyen de le taquiner gentiment. Elle prétendait ne pas apprécier particulièrement ces séances photos, et ne se prêtait au jeu que rarement, et exclusivement ‘pour lui faire plaisir’. Mais lorsqu'elle entrait dans la peau du mannequin en plein shooting, elle savait y faire, ce qui le rendait d’ailleurs dingue d’excitation. Elle profitait alors du temps qu’il passait sous la douche pour fermer la porte de leur chambre à clé, allumer des bougies odorantes, et choisir tranquillement des tenues plus que provocantes. Les choix étaient divers et variés. Parfois, des sous vêtements affriolants, ou encore des bustiers sensuels, et même des robes ou ensembles très vulgaires et provocants.

Parée ainsi de dentelles et de soie, de cuir et de clous, elle savait qu’elle provoquerait instantanément une érection qu’il aurait du mal à camoufler, puisqu’il sortait toujours nu de la salle de bain attenante à leur chambre. Elle appréciait tout particulièrement l’effet de surprise qu’elle produisait, ainsi que les éclairs qui s’échappaient des yeux coquins de son conjoint. Ceux-ci accompagnaient d’un redressement presqu’immédiat du sexe de son époux. Elle le voyait comme un félin près à bondir sur sa proie, pour la dévorer littéralement !

Elle poussait parfois plus loin encore, en se parant comme une sirène de la nuit. Une belle robe blanche extrêmement courte, qui se voulait d’ailleurs plus un haut long qu’une robe à proprement parlé… elle couvrait à peine ses fesses. A cela, elle avait ajouté de jolies chaussures à talons hauts, et s’était amusée à se maquiller de façon assez suggestive. En sortant de la douche, il l’avait surprise une jambe sur le mur, comme si elle attendait son client, et en était devenu raide dingue, dans tous les sens du terme… C’est dans ces cas là, qu’il prenait son appareil photo, et shootait sa Star. Généralement, c’est lui qui lui suggérer plutôt telle ou telle pose, mais rapidement, elle se prenait au jeu, et s’amusait à aguicher l’objectif, et l’œil qui se cachait derrière.
 
Ce soir là, au cours de cette discussion sur l’art de la photographie, il sautait sur l’occasion. Profitant de la taquinerie de Laure, le rebondissement ne se fit pas attendre, il arriva instinctivement... Il avait d’abord pris un air sérieux, comme lorsqu'il allait détourner une raillerie, vers quelques domaines où la plaisanterie n'avait plus de place. Il se mit à disserter poétiquement sur la beauté de sa conjointe moqueuse, il la flattait sincèrement, lui assurant qu'elle n'avait pas conscience de la chance qu'elle avait d'avoir un corps si envoutant. Une beauté féline dégageant une source de chaleur d'une telle intensité, qu'elle ne pouvait laisser indifférent le commun des mortels. Cet éclat resplendissant qui ne le laissait jamais de marbre, malgré les années de vie commune.

Ses longs cheveux raides, d’un noir intense, tombant sous ses fines épaules, et qu’elle balayait naturellement d’un mouvement de tête tiré d’une vieille publicité pour shampoings. Dans la force de l’âge du haut de ses 38 ans, elle regrettait la petitesse de sa poitrine, malgré les protestations de son homme, qui les adulait, vantant leur symétrie et la forme en poire qu’ils présentaient. La finesse de son corps dépeint l’équilibre avec ceux-ci, mariant parfaitement son mètre 65, et ses 52 kgs (dont elle se plaignait d’ailleurs, d’avoir dépassé la barre fatidique des 50… évidemment). Elle ne le reconnaissait pas officiellement, mais elle appréciait ses fesses, juste assez rondes pour attirer le regard.

Il fut certes question de nouveau de ce manque de confiance en elle aussi incorrigible qu'aberrant, qu'il tentait d’annihiler depuis des siècles, mais auquel elle restait accrochée et certaine. Elle maintenait que seuls les medias pouvaient s’octroyer le droit de définir quels étaient les critères de beauté standards auxquels la terre entière devait se conformer. C'est là que la perche lui fut tendue. Il avait là, devant lui, désespérément offerte, l'occasion de lui parler de son fantasme.


Il choisit d’en parler sans l’évoquer. S'approchant d'elle, une main posée sur la jolie jambe de sa Belle, et tout en la caressant, il parlait d'une voie calme et mesurée, cherchant à camoufler comme il le pouvait, sa propre excitation.


«
- Sais-tu ce qui pourrait te permettre d'évoluer dans ce domaine? Comment avancer sur ce manque de confiance en toi? Comment acquérir des certitudes quant à ton physique et à l’effet dévastateur qu’il produit sur les hommes?
 
- Ce ne pourra pas arriver. Quand bien même je suis consciente du souci, je ne pourrais pas changer. Difficile réalité que l’entêtement d’une femme…

- Eh bien moi je pense, que le fait de te voir autrement que dans un miroir, en photo par exemple, te permettrait de prendre la mesure des choses et d'apprendre à te mieux connaitre!
 
- Hahaha ! Ben voyons, ton approche est un peu simpliste pour me faire jouer les mannequins sexys devant ton iphone. Encore faudrait-il que tu essaies de faire preuve d'un peu plus d'imagination, pour m'en donner envie! Non mais!
 
- Un shooting photo professionnel. Effectué en studio, par quelqu'un dont c’est le métier, un type ou une dame d'ailleurs, qui s'y entende réellement. Moi et mon iphone, ce ne serait pas suffisant du tout. Si déjà, il faut faire les choses sérieusement. Tu irais avec tes tenues, certaines classiques, d’autres plus sexys, et tu te ferais… « Tirer le portrait » … et le corps... En photo seulement bien sur. Là, tu pourras peut être te voir autrement que tel que tu te vois actuellement.
 
- C'est c'la... Tu crois sérieusement que je vais me déshabiller devant un photographe? J’en serais incapable.
 
- Pourquoi te déshabiller? Il n'est pas nécessaire de se déshabiller... Il te suffit juste de te faire belle, comme pour sortir, afin que la photographie reproduise le reflet réel de ce que tu projettes. Et puis, si tu veux, l'on peut toujours chercher un photographe femme. De toute façon, ces photos n'auront aucun autre usage que le notre. Ce sera juste une expérience comme une autre, que l'on gardera pour nous même.
«


Il avait volontairement omit de préciser que dans son fantasme, ce n’était justement pas une femme photographe, mais UN professionnel… . Et les tenues qu’elle porterait… n’étaient pas réellement des tenues de soirée, mais justement les tenues affriolantes dont elle se parait les soirs où elle cherchait à le rendre dingue d’excitation… .
 
Il avait ensuite laissé la conversation en suspens, intentionnellement, et n’avait pas insisté, malgré les protestations claires de sa Douce. D'expérience, il savait parfaitement qu'une idée nouvelle avait besoin d'un temps d'assimilation. Il fallait donner au cerveau le temps d'intégrer l'idée, de la murir, pour avoir une chance qu'il puisse l'adopter. Laisser le temps agir et faire les choses.
 
Cependant, il était bien décidé à profiter de cette attente pour faire des recherches concrètes et sérieuses, approfondir le sujet et l'envisager d'un point de vue pratique. Ainsi, il n’y aurait pas de temps perdu entre le moment de l’acceptation non reconnue de son épouse, et celui de la mise en pratique. Le temps avait aussi la vertu de revenir sur les acquis, il le savait parfaitement.

Dès le lendemain, à peine arrivé à son bureau, il s’était enfermé, et avait commencé à échafauder des plans. Il profiterait de leur prochain voyage sur Paris, pour lancer cette expérience. Il n'était pas envisageable de mener cette aventure dans leur petite ville de province, où la proximité était toujours trop gênante pour laisser libre cours à l’expression des fantasmes. Il se disait que l'anonymat qu’offrait une ville comme Paris, se prêtait forcement plus a ce petit jeu. Fou d'excitation, son esprit s'était évadé, dans une sorte de projection, d'imagination frissonnante, parsemés de craintes, et d'appréhension. Il était partie dans une direction à la fois douce et surprenante, sans y trouver d'explication rationnelle.

Il s’en inquiétait. Sa vision l’avait conduit à un shooting où le modèle était très impliqué. Jouant le jeu, ses yeux la trahissaient en exprimant un désir incontestable. Rapidement dévêtue, elle s’amusait à aguicher le professionnel. En retirant lentement ses vêtements, elle fixait l’objectif, et n’hésitait pas à laisser échapper quelques caresses sur sa poitrine, en prenant des poses qui ne souffraient d’aucune ambigüité, déviant rapidement sur une scène très chaude, au cours de laquelle le modèle soulageait son observateur sexuellement.
 
Se rappelant qu'il avait évoqué un photographe femme, son esprit reprit de plus belle son excursion dans des domaines plus poussés encore que les précédents. Son cerveau partait parfois dans ces directions qu'il n'approuvait pas particulièrement. C'était son subconscient qui profitait de l'assoupissement de son conscient pour s'exprimer librement. Classique…, les hommes et leurs désirs lesbiens.
 
 
Cette dernière image le fit redescendre sur terre. Le conscient avait été réveillé par cette image qu'avait laissée échapper le subconscient. Le conscient ne tôlerait pas ce genre de situation. Pourtant, baissant la tête comme s'il s'agissait d'une nécessité, il était forcé de constater que cette dernière ne l'avait pas laissé indifférent. Il bandait sous son jeans. Tenté de se masturber, il se retint pour avoir le courage d'aller de l'avant dans son projet.
 
Allumant son ordinateur, il se mit en quête d'un professionnel. Ce serait un homme, il l'avait décidé. Cela faisait trop longtemps qu'il était animé du fantasme d'exhiber sa belle a un inconnu. Sans trouver d’explication à son fantasme, il avait été tenté de le mettre en pratique. Jouerait-elle le jeu? L’accepterait-elle? Il n'en savait rien. Il la savait coquine, bien plus qu'elle ne saurait jamais le reconnaitre d'ailleurs, elle refusait de l'assumer! Mais il était décidé à la pousser.
 
Pour que l'affaire soit efficace, il lui fallait un bel homme, entre trente et cinquante ans, photographe avec studio évidemment, propre, dans un style artiste, sympa, sachant mettre a l'aise, et surtout, surtout, inspirant confiance.
 
Google lui permit de trouver différents prestataires, parfois même trop expressifs... . Exit directement les piercings et les tatoués trop prononcés, il faut préférer une approche ‘propre sur lui’ dans un style séducteur. Quelques pages visitées, et il finit par trouver deux professionnels intéressants. Les avis renseignés sur le site par des personnes ayant fait appel aux services de ces photographes étaient très rassurants.
 
C'est ainsi qu'il décida de prendre contact avec l'un d'eux au téléphone, pour commencer. Dans dis jours, ils devaient se rendre a Paris en amoureux, et il souhaitait profiter de cette occasion pour lancer l'opération shooting.
 
L'entretien avec le photographe se fit simplement. Jugeant plus pratique de mettre le photographe dans la confidence, il lui détaillait son projet. Vraisemblablement, le photographe n'a pas apprécié l'approche. Se jugeant un grand artiste, il l'éconduit au téléphone simplement, mais clairement.
 

"Pas de surprises, svp. Vous parlez avec votre épouse, et lui proposez la chose clairement. Si elle n'est pas tentée, vous ne venez pas".

Ca ne l’aidait pas des masses, certes, mais concrètement, la façon de répondre du prestataire, ne correspondait de toute façon pas à sa recherche.
 

Inutile d'insister, il lui reste le second prestataire retenu: Christophe. Sur son site, il était plutôt mignon, mince, cheveux un peu longs, garçon entretenu et propre. La quarantaine passée, légèrement grisonnant, et une barbe de quelques jours. Il était vêtu d’un jean, et d’une chemise noire. La présentation était soignée, et séduisante. L’artiste était à l’image de ce qu’il attendait, ou plutôt, de ce qu’il pensait attendre.

 
«
- Bonjour, je voudrais offrir une séance shooting à mon épousee, svp? Je vous explique, ce sera la première fois, je ne saurais vous dire si l'expérience saura aboutir, et la prévenir serait me heurter à un refus... Evidemment je vous paierais l'ensemble du montant convenu au début, ainsi vos n'aurez pas perdu votre temps
«

Il s’était exprimé rapidement, d’un trait, comme s’il avait retenu sa respiration, et qu’il avait préparé son discours. Ses doigts tremblaient, contrairement à son habitude, il était loin de maitriser la situation.
 
«
- OK, vous ne pouviez pas mieux tomber, c'est justement mon domaine favori et ma spécialité. J'ai l'habitude de la gêne, de la honte, et je sais les faire s'évaporer progressivement. C'est mon challenge a chaque fois que j'en a l'occasion. Cependant, je vous suggère de ne pas être présent pendant la séance, ce sera plus simple pour moi de lui permettre de se libérer et de se laisser aller et de s’abandonner à l’objectif
«


En un éclair, la séance que son subconscient avait exprimé quelques instants auparavant, lui revenait en mémoire. Il s’en affolait.
 
Son esprit s'inquiète de ce qui pourrait se passer dans ce studio, mais redouble d'inquiétude sur les raisons qui ont poussé son subconscient à  explorer cette piste. L’affolement a cédé la place à la stupeur, et à l'inquiétude. Comment, lui, pouvait-il avoir ce genre de pensées. Un 'allo' de son interlocuteur téléphonique, le ramena en un éclair à la réalité de cette conversation téléphonique subitement interrompue par cette réflexion.
 

«
- C'est, à ce stade, inenvisageable Christophe, je suis désolé. Il s'agit pour moi également d'une première fois, et je ne vous connais pas. Je souhaite être présent, c’est capital pour moi. Je ne peux pas vous laisser seuls !
«

 
La réponse était pleine de sous entendus qui n'avaient pas été calculés. Il se mordait les lèvres de ce que cela pouvait signifier, mais savait qu'il était trop tard, les mots étaient dits. Revenir dessus aurait constitué une confirmation évidente du sous entendu, un aveu coupable.
 

«
- Peu importe, ce n’est pas très grave, le challenge n'en est que plus conséquent. Parlez-moi un peu de votre épouse.
«
 

Ouf, pensa t il, le gars a l'air correct. Il semble se comporter comme un gentleman. Son propos est clair, son timbre est bas, sa voie est rassurante. Christophe semble être l'homme de la situation.
 

«
- Mon épouse  a 38 ans, mais en parait beaucoup moins. Elle est d'une beauté orientale, mat de peau, brune aux cheveux longs, fine et mince, et... Remplie de complexes et de doutes sur elle même.
 
- Le shooting photo constitue la meilleure des thérapies, c'est une bonne idée que vous avez eue. Une première séance devrait déjà apporter de nombreuses évolutions.
 
- C'est cela aussi qui m'a donne envie de le lui proposer.
«

 
Aussi’ ! Mais comment pouvait-il accumuler autant d’erreurs ? Il ne se reconnaissait pas !

«
- Comment se passent les séances?
 
- Très bien!
 
- Arf! Je n'en doute pas, mais plus concrètement?
 
- Simplement. Vous devez venir avec vos tenues et maquillages. Il est possible de se faire coiffer et maquiller sur place, moyennant un supplément. L'avantage dans ce cas, c'est que vous ne venez qu'avec vos tenues. Par ailleurs, nous avons également une option tenues, que vous pouvez choisir chez nous. Il s'agit de vêtements divers et variés, qui peuvent aller du classique, aux déguisements en tous genres.
 
- Déguisements en tous genres? C'est à dire?
 
- Pardonnez-moi, mais mon modèle vient de finir de se préparer. Pourriez-vous svp me rappeler vers 11:00, afin d'en parler plus tranquillement? J'imagine que je ne vous propose pas de vous rappeler moi...?
 
- Vous imaginez bien. Rdv à 11:00 au téléphone. Merci Christophe
«

 
La conversation l’avait laissé songeur, et bouillant. Les dix jours qui le séparaient de son déplacement allaient être d’une atroce lenteur. Et le fait de ne pas pouvoir partager ce secret avec sa promise, allait ajouter de la complexité à son délicieux supplice.


Il avait raccroché le téléphone calmement, puis, il avait machinalement regardé sa montre, 10:20. Bien qu'il n'avait pas la moindre idée du type de photographie qui devait se dérouler actuellement dans ce studio du second arrondissement de Paris, il calcula qu'une séance photo devait durer environ 40 minutes. Un rictus de mécontentement déforma son visage. Dans son schéma, la séance durait 1 :30. Christophe semblait être le personnage qu'il recherchait, il n'en restait pas moins qu'un commerçant facturant son temps à prix d'or. Ainsi donc, il laissa son imagination glisser dans les suppositions sans fondements de ce qui pouvait se passer à cet instant précis dans ce studio. Qui était cette femme, certainement mise sur son 31 pour se faire tirer le portrait? Quel âge avait-elle? Quel était l'objectif de ce shooting? Quel genre de tenues portait-elle? Se connaissaient-ils depuis longtemps ? Étaient-ils seuls dans le studio ? Tant de questions…


La sonnerie de son téléphone le ramena à la réalité. Une question stupide d'ordre professionnelle à laquelle il se devait de répondre calmement, malgré son excitation. Dissimulant tant bien que mal son agacement, qu’il fit un effort surhumain pour ne pas laisser transpirer. Apres avoir raccroché, et constaté qu'il était 10:50, et que bientôt il devrait rappeler Christophe, il se posa une question... Qu’attendait-il de ce brave Christophe? Devait il lui demander d’adopter une conduite paternelle avec sa tendre et chère, ou plutôt détachée, froide, professionnelle et désintéressée...?

D’un naturel directif et sûr de lui, il se perdait dans des réflexions qu’il n’avait pas l’habitude d’avoir. Les enjeux mêlés à des fantasmes enfouis et inconscients, le mettaient mal à l’aise.

Pour le coup, il décida de se garder de donner la moindre consigne à Christophe. Après tout, le professionnel ne s’était il pas glorifié d’être un spécialiste de la mise en condition pour détendre ses modèles ? Ce choix présentait l'avantage en plus, de lui éviter d'avoir à prendre une décision. Tiens, cette facilité aussi ne semblait pas venir de lui !

Malgré cela, toutes ces réflexions lui plaisaient énormément. D’ailleurs, en général, il appréciait particulièrement les moments qui précédent les choses, les préliminaires en quelque sorte. L’imaginaire faisait son travail, délicieusement, et ces pensées réveillaient en l'intensifiant une excitation torride. La réalité des choses étaient ensuite, souvent moins envoutantes que ce que son esprit ne lui faisait miroiter avant. S’ensuivait un sentiment de déception et de frustration. L’imaginaire était toujours débordant et sans limite. Le concret et la réalité des choses affichaient quasi systématiquement une brise de déception, et parfois même de frustration. L’imaginaire sans borne dépassait et de loin, le gout concret des choses. L’imaginaire n’avait pas d’œillères qui restreindraient son champ de vision. Il était donc, présentement, en pleine délectation savoureuse de fantasme et d’excitation avant l’action. Comme les préliminaires avant l'acte sexuel, et le terrible et trop court instant de l’orgasme, qui, quoique des plus intenses, ne pouvait pas rivaliser avec la chaleur sensuelle des instants qui le précèdent.

Il composa le numéro de Christophe, et fut accueillit dès la première sonnerie par sa voie grave, et légèrement enjouée.

«
- J'ai bien cru que vous ne rappelleriez pas,

- Pourquoi donc? Vous me paraissez être quelqu'un de sérieux!

- C’est tout à fait le cas, je vous le confirme. Cependant, de nombreuses personnes envisagent de faire certaines choses, mais perdent l'envie en s'approchant de l'échéance qu'ils se sont fixée. Les gens se créent des films, mais ne sont pas toujours capables de les assumer.

- Eh bien, au risque de vous décevoir, très cher, j'aime bien aller au bout des choses!

- Parfait, je suis ravi de vous l'entendre dire.
Où en étions-nous?
Ah oui! Les différentes options. Vous pouvez effectivement choisir de vous faire maquiller dans notre studio, par des professionnelles, ou vous en occuper vous même. Vous pouvez également apporter vos tenues vestimentaires, ou choisir les nôtres. Attention ceci ne concerne pas les sous vêtements, que vous vous devez d'apporter vous même, si toutefois vous souhaitez en porter pour le shooting, ça, c'est chacun son goût. (Son sang se glaça, son jeans exerçait une pression sur son sexe déjà terriblement gonflé de désir. Imaginer une pose aguicheuse, sur une jupe relativement courte et sexy, et sans culotte, ouvrant ainsi un accès visuel directement à l'objectif et indirectement à Christophe le rendait dingue). Pas de sus numéraire pour les vêtements, en revanche, coiffeur et maquilleur, sont facturés 100€ la séance. Ils restent dans la loge pour faire quelques retouches la première demi-heure. D’ailleurs lorsque vous m’avez téléphoné tout à l’heure, le mannequin se faisait remaquiller.

La conversation avait pris une tournure inespérée, et un rebondissement plus serein. Les choses semblaient terriblement simples, et Christophe apparaissait comme un homme tout à fait normal et sain !

- Vous avez aiguisé ma curiosité tout à l'heure, en me parlant des déguisements...,

- Parfaitement!
Ah oui, apparemment, bien aiguisée, pour que vous relanciez le sujet. Je pratique différents types de séances. Des photos portrait, en passant par les photos de famille, et jusqu’aux simulations de scènes plus chaudes et sensuelles, voir carrément sexuelles. Dans ce cadre là, sont mis à votre disposition, différents types de déguisements, qui vont de la soubrette, au Sado Masochisme. Il y a toutes sortes de choses, très sexy, très suggestives, ainsi que de nombreux accessoires qui donnent souvent un cachet très expressif au cliché. Certaines personnes sont adeptes de ce genre de jeu, mais inutile de nous précipiter, lorsque vous serez là, votre dame pourra choisir ce qu’elle désire porter. Votre épouse, ou vous-même, d’ailleurs.
Enfin, il y aura encore d'autres options que vous pourriez sélectionner. J'imagine bien que pour une première séance vous ne les activerez pas, mais vous pouvez choisir de poser avec des modèles, homme ou femme. Inutile de bruler les étapes, il est certainement encore un peu tôt pour ça. (Son cœur battait si fort, qu'il était persuadé qu'il raisonnait dans le combiné).
Décrivez-moi votre épouse, SVP. J’ai besoin de savoir quel genre de décor et d’éclairage prévoir.

- Ah oui ! Carrément !

- Ca vous gêne ?

- Non, pas du tout ! (Il avait bégayé… Il maitrisait parfaitement le langage corporel, ainsi que les signes détectés à travers le verbe. Il était incapable de ne pas se juger à cet instant, et constatait qu’il ressemblait à un petit enfant de 4 ans, qui cherchait à camoufler une bêtise qu’il avait commise. Pour tenter de donner le change, il s’était empressé de répondre rapidement à la question, commettant pour le coup, une erreur d’expression supplémentaire). C’est une jolie femme de 38 ans, de type oriental, aux cheveux noirs et raides. Son corps est fin, et bien proportionné, elle a de belles jambes, et des yeux marron clairs. C’est une femme très sensuelle, qui n’en a pas conscience. Elle mesure environ 1 mètre 65, et pèse à peu près 52 kg. Son corps est svelte, malgré les deux grossesses qu’il a endurées. Et inutile de vous préciser que je suis dingue d’elle, j’imagine que ça s’entend à ma façon de la décrire ! (Il avait tenté en fin de description de rattraper ses erreurs grossières d’expression par une petite touche comique).

- Oui, je vous le confirme. Ca s’entend à distance, et si elle est typée orientale, j’aurais du jeu pour mes clichés, c’est même l’idéal, j’en suis très fan. Elles sont souvent timides au démarrage et terriblement libérée dès qu’elle se lachent. Les nuances dans les couleurs seront parfaites, et son corps sera mis en valeur à merveille sur des fonds différents. Personnellement, je raffole des femmes orientales, et suis certain que j’aurais énormément de plaisir à travailler avec elle !

‘Travailler avec elle’, ‘plaisir’. Son sexe emprisonné était maintenant gonflé à bloc. Sous son bureau, il avait même glissé sa main, pour appuyer dessus, dans une forme de commencement masturbatoire discret. Mais qu’est ce qui lui passait par la tête ?

- Bien! Quand pouvons-nous prendre rdv? Nous vivons en province, et pourrions vous rencontrer en we dans une dizaine de jours lors de notre déplacement à Paris... Est-ce que c’est jouable?

- Absolument. Le we a ma préférence, parce qu’il n’y a pas d’interruption téléphoniques ou autres, je suis donc plus disponible, et plus longtemps. Comprenez bien que la séance coute 300€ pour 1h30 de shooting, mais que lorsque ca déborde, je ne facture pas plus. J'aimerais simplement que le shooting soit entamé avant le couché du soleil, c’est idéal, puisque l’on peut jouer sur l’effet soleil, couché de soleil s’il fait beau, et nuit si cela déborde. Je précède votre interrogation, car j'ai bien compris que vous posiez des questions! Parfait pour cette date. Il me faudrait votre adresse mail, pour que l'on puisse échanger en cas de soucis, vu que je suppose, vous ne voulez toujours pas me transmettre votre numéro de portable!

- 06.01.XX.XX.XX. Plus de soucis, vous me semblez réglo.

- Parfait, à dans 10 jours dans ce cas!
«


Réfléchir. Il lui fallait voir ce qui pourrait causer problème.
Ok, elle ne saurait pas qu'il avait prévu cette séance.
Ok, elle pourrait se rétracter en arrivant.
Elle sera forcement intimement préparée, puisqu’elle se rendait systématiquement chez l'esthéticienne chaque fois qu'elle passait un moment en amoureux avec lui, elle irait donc forcement faire une épilation avant. Il n’en revenait pas de penser à ce genre de détails !
Maquillage et coiffure, se feraient sur place.
Les tenues, il lui faudrait les insérer dans la valise discrètement, afin de pouvoir les lui proposer au cas où elle ‘s’abandonnerait’. C’est vrai qu’elle prenait toujours des dessous affriolants lors de leurs escapades amoureuses, mais il souhaitait qu’elle puisse avoir un large choix pour cette séance.

Il était satisfait, il pourrait ainsi faire des choix qu’elle n’oserait peut être pas faire. Il est vrai qu’une fois dans le bain, elle était souvent plus libérée que lui, mais avant… c’était souvent le contraire. A froid, il choisirait des tenues bien plus aérées qu’elle ne le ferait elle-même.

Ils avaient un train pour samedi soir. Il rentrerait donc chez lui samedi après midi, sélectionner quelques tenues, qu’il cacherait dans le fond de la valise. Les dix jours qui le séparaient de leur voyage, allaient lui permettre de faire ses choix.

Il avait finit par se mettre à travailler le reste de la journée en essayant de ne pas trop penser à tout ceci. Il n’avait pas été très efficace. Il avait quitté le bureau en fin de journée, et avait trainé avant de rentrer chez lui.

Ses pensées l’obsédaient. Il n’arrivait pas à se défaire des images sexuelles qui envahissaient sans cesse son esprit. Cherchant à se changer les idées afin de ne rien laisser transpirer devant son épouse, il avait choisi de s’arrêter dans un bistrot pour boire une bière, mais ses réflexions ne cessaient de sombrer dans les couloirs de son subconscient inavouable. Il devait d’ailleurs se rendre à l’évidence, ces images avaient depuis longtemps abandonné son subconscient, pour rejoindre ses fantasmes bien réels mais non assumés, pour le moment du moins.

Il se battait en réalité contre les ravages de son éducation stricte et religieuse. Les vestiges de la pensée unique judéo Chrétienne, moyenâgeuse, laissait des traces malgré les années passées à les combattre.

L’issue de son calvaire de réflexions hard commençait à se dessiner. Le sujet de l’éducation judéo chrétienne lui en donnait l’occasion, et il choisit volontairement, à ce comptoir de bistrot, d’orienter ses réflexions plutôt dans le labyrinthe de la dictature de l’éducation. Il était père lui-même, et s’intéressait énormément à ces sujets. Oh ! il n’avait pas la prétention de se qualifier de Grand Penseur, mais les quelques bouquins qu’il avait, lui avaient permis de se libérer des chaines désastreuses de la pensée religieuse imposée, pour lui permettre de se servir de ses propres réflexions, et de s’en façonner une autre, à son gout, à son image. Il constatait que le travail n’était pas terminé pour autant.

C’était autour de ses 20 ans qu’il s’était mis à se questionner sur les nombreuses incohérences de la religion, et les réponses absurdes et superficielles qui lui étaient transmises depuis son tout jeune âge. Dès lors, il avait cherché, enfin, à se faire sa propre opinion sur le sujet, et avait avalé des quantités de livres sur l’histoire d’abord, puis sur les pensées philosophiques. Le meilleur remède face aux religions, et à leur pensée unique imposée, n’était il pas l’instruction ? Celle là même qui était encore combattue par les hommes de foi, afin d’éviter que l’on puisse toucher aux dogmes millénaires.

C’était efficace. Il avait terminé de boire sa bière, et avait quitté le bistrot en s’allumant une cigarette, en reprenant le chemin qui le menait chez lui. Satisfait, il rentrait d’humeur guillerette, avec le stresse de son plan diabolique suffisamment évacué. Il avait diné avec sa femme et ses enfants, et après les tâches que la vie de famille impose quotidiennement, il s’était affalé sur le canapé près de son épouse qui zappait sur la télécommande de la télévision, en recherchant désespérément un programme intéressant.

Toute proche de lui, les jambes pliées de coté sur le canapé avaient fait relever la jupe au tissu soyeux. Les ongles de pied délicatement vernis, elle incarnait la beauté. Il était décidément dingue de son épouse. Les cheveux longs pendaient sur le coté, son regard fixait le téléviseur. Il l’observait en se délectant de cette si simple, et néanmoins si délicieuse vision.

« - Cesses de me dévisager, voyons ! »

Elle avait prononcé ces mots d’un ton satisfait, sans même daigner détourner son regard. Elle avait senti son regard posé sur elle avec insistance.

Il avait sourit sans réagir, avant de poser nonchalamment son dos sur le dossier du canapé, en regardant le programme qu’avait sélectionné son épouse.

Laure aimait quand son époux la dévisageait ainsi. Elle ne cherchait pas particulièrement à l’exciter à cet instant précis, mais était toujours flattée de constater l’effet qu’elle produisait encore sur lui, après 10 ans passés ensembles. Elle avait parfaitement conscience de la chance qu’elle avait de produire sur lui cet effet après 10 années de vie commune.

Le programme sélectionné par Laure était culinaire. Ce n’était pas ce qu’il préférait. En revanche, ce désintéressement lui permettait de s’évader de nouveau dans la bulle qu’il avait quitté dans le bistrot avant de rentrer chez lui. Ses pensées aboutirent directement sur Christophe et l’entretien téléphonique qu’il avait eu avec lui. Il avait vu sa photo, et son style sur le site internet. Il était indéniable que cet homme était séduisant, dans le style artiste la quarantaine passée, séducteur et bien entretenu. Tout à fait le genre de gars que son épouse trouvait beau ! Paradoxalement, c’était un atout dans son plan diabolique. Comme s’il choisissait plus un type d’homme qu’un type de professionnel.

Il le savait… cela arriverait. Il réussirait d’une façon ou d’une autre, à attirer son épouse dans ce studio. Il misait sur le fait qu’après un instant, elle se laisserait aller. Qu’elle le ferait pour lui faire plaisir, ou par envie inavouée, peu importe.

Merci GuillaumeP pour ce superbe récit ! La suite à venir...

#noel #resolutions

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Chapitre 2

 

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Les commentaires

Olivie à 19:56, le 18 décembre 2018


Ça pourrait être sympa mais c’est bourré de fautes d’orthographe et de français :(

MrAndromaque à 06:48, le 28 décembre 2018


Guillaume peu importe les fautes, tu as su me transporter et aiguiser ma curiosité, j'attends avec impatience la suite en espérant quelle ai pu se faire, un magnifique récit ou tes intentions sont claires et non désordonnées, j'aimerais lire que Laure ai pu te donner la satisfaction de vivre un tel fantasme

L@ur à 09:38, le 28 décembre 2018


J ai hâte de lire la suite. Ce récit m à transporté. Je me suis reconnue dans cette femme pas sûr d elle. On souffre tellement les femmes d un manque de confiance !! Quelle délicatesse de cet homme envers sa moitié. Il y a de l amour là dessous ça se voit. J ai beaucoup apprécié les nombreux détails qui permettent aux lecteurs d imaginer la scène. A chacun de faire don film. J ai bien envie d en savoir plus. a

Oksana_Wolf à 12:28, le 2 janvier 2019


Récit bien conté j'attends la suite avec intérêt

Lorette à 14:22, le 10 janvier 2019


Un récit bien écrit, qui pique la curiosité du lecteur !


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