Sauce très particulière

Sauce très particulière

« Dialogues Interdits », série de petites histoires complètes uniquement constituées de dialogues, sans aucune narration ni didascalie.

Ecrit par Théo Kosma sur des souvenirs de confidentes, recueillies par Chloé.

Pour tout savoir et en lire bien plus :

plume-interdite.com

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Sauce très particulière

— Pas à ce point voyons ! Ta sauce béchamel va devenir bouillante.

— Mais non, t’exagères.

— En tout cas trop chaude.

— Tu l’aimes comment ?

— Comme tu l’as fait j’adore. Bien épaisse comme il faut. Mmmm… Surtout, il la faut tiède. C’est là que je prends vraiment mon pied.

— Hein ? Comment ça.

— Oui, je te le dis entre nous. Toi aussi, teste ! Tu prends l’équivalent d’une demi petite cuillère, tu mets dans ta bouche. Tu laisses reposer sous la langue quelques instants puis tu avales. Ô mon dieu. Parfois je recommence l’opération à m’en rendre malade tellement c’est bon.

— Combien de fois de suite ?

— J’ai jamais compté.

— Evidemment, même dans une orgie aucun groupe d’hommes pourrait t’offrir ça.

— Ce serait d’ailleurs pas bien prudent, ni forcément digeste… Alors que ta sauce béchamel est cent pour cent safe.

— Avec toi le fantasme peut vraiment être à tous les étages. J’aurais jamais imaginé une expérience pareille.

— La cuisine c’est très sexuel tu savais pas ? Ce sont des émotions, des sensations.

— Oui enfin en ce sens le sport aussi. La danse, l’art…

— Oui c’est bien ça ! Quasi tout peut être sexuel. Et ta sauce plus encore.

— Je faisais de la cuisine de cochonne sans le savoir.

— Ne culpabilise pas, c’est moi la cochonne.

— T’aimes les mixtures épaisses depuis longtemps ?

— J’ai une grande cousine dévergondée et sans tabou. Quand j’étais petite je devinais qu’elle baisait beaucoup, ça se sentait. Comme si elle sentait le sperme et la mouille en permanence, d’ailleurs c’était peut-être le cas. J’ai toujours eu le nez fin, et l’intuition féminine aiguisée. Je lui ai posé plein de questions, elle m’a répondu sans détour. Même au sujet des plaisirs de bouche, qui apparemment n’étaient pas une légende. Alors j’ai demandé si elle faisait ça au garçon jusqu’au bout, et si elle avalait ensuite. Elle m’a dit que oui, et j’ai alors cherché à savoir quel effet ça faisait. On a réfléchi, cherché, testé… Ce qui ressemblait le plus, selon elle, était le sirop pour la gorge de tata. Il était temps qu’on y arrive, on allait en avoir la nausée à force de goûter tout ce qu’on trouvait !

— Il était bien ?

— Epais, poisseux, un peu chaud et piquant… Après je faisais tout le temps mine d’avoir mal à la gorge, même en plein été, pour réclamer tous les soirs deux à trois cuillères. Maman en a eu marre, elle a fini par me dire que c’était pas un jouet et elle a mis le flacon hors de portée. Elle a été forcée de m’en redonner un peu, parfois, car je prenais froid exprès. Et puis j’ai grandi et j’ai découvert ce que ça faisait, le vrai sperme, dans la bouche, la gorge et l’estomac. J’ai pas été déçue ! Et puis tu m’as fait connaître ta sauce béchamel, et voilà toute l’histoire.

— La texture d’accord. Mais… le goût ?

— Ça rappelle aussi je trouve.

— Ah. Je fais donc une sauce béchamel goût sperme. Ne cherchez pas tout est normal !

— Je t’assure, si tu la commercialisais elle aurait un grand succès auprès de la gent féminine… et de la communauté gay.

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Être raccord

— Alors cette première scène de nu ? Compliquée à tourner ?

— Techniquement c’était pas évident.

— Quoi « techniquement » : c’est pourtant simple, non ?

— D’abord question de température : j’étais censée être sur une plage par temps chaud. Dans la réalité il faisait pas si chaud et je suis frileuse : du coup j’avais les tétons tout durs !

— A cause du froid ?

— Oui, et c’était pas raccord… Sur ce point le réalisateur est un maniaque, il déteste les faux-raccords. Tu sais ce que c’est ? D’une scène à l’autre tout doit être pareil, les persos, les décors, les objets… même le ciel ! Genre tu tiens un objet dans la main droite et le plan suivant dans la main gauche… ça par exemple c’est un faux raccord.

— Y en a dans tous les films sans que ça ennuie personne ! En général personne remarque.

— Lui si.

— Après, c’est vrai aussi que beaucoup de spectateurs seront concentrés sur tes seins à ce moment-là.

— C’est même un peu l’idée ! Les réas font toujours croire que c’est par rapport au scénario, que ça s’inscrit dans la logique de l’histoire et bla bla bla. Tu parles ! Ils veulent tous nous mettre toutes à poil et puis voilà. S’ils pouvaient ils feraient tourner nues des filles de quatorze ou douze ans. Du reste, parfois ils osent… Y a toujours moyen de trouver une justification scénaristique.

— Concernant les majeures… Ce serait pour voir enfin nue celle qu’ils n’ont pas pu dévêtir autrement ? Par la promotion canapé ?

— Y’a aucune règle universelle, certaines filles couchent avec le réa, l’acteur principal, le producteur… avant leur première scène de nu. Ceci ayant d’ailleurs entraîné cela. D’autres non !

— Et couchent plus rarement avec un figurant ou un petit rôle j’imagine.

— Pas plus rarement : jamais. Bref ! Moi en l’occurrence je couche avec qui me plaît et pas par intérêt.

— Donc vous avez dû attendre que la température grimpe.

— Oui mais… Nouveau souci. Moi nue au milieu de tous ces gens vêtus, dont surtout des hommes, j’étais excitée ! J’y pouvais rien c’était ainsi. Mes seins avaient carrément gonflé ! Mes tétons pointaient encore plus ! Ouh le malaise…

— Et ça se calmait pas ?

— Non, le temps passait et je restais telle quelle. Alors que dans la séquence j’étais pas du tout censée être excitée. J’étais juste censée être seule sur une plage, et me dévêtir était une façon de célébrer une nouvelle vie, une liberté retrouvée tout ça…

— Comment vous avez fait ?

— J’ai observé intensément l’acteur principal du film. Qui me plaisait pas du tout. C’était nickel, ça a été un tue-l’amour. On a pu tourner la scène en une prise, c’était réglé. Ouffff… Par contre après il était super vexé.

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Gestes de sécurité

— Et là, le pompier a expliqué à la classe qu’à une certaine chaleur tout s’enflammait, même ce qui était pas touché par le feu.

— Ça t’a surprise ?

— Oui, et j’ai dit que c’était comme avec ma grande sœur Naomie. Dans la rue elle marche avec le cul en feu, et autour d’elle tout le monde s’enflamme.

Fin

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Théo_Kosma

Théo_Kosma

Auteur francilien, j’écris sur des thèmes sortant des sentiers battus. Tantôt humoristiques, légers, graves, dramatiques… mais toujours sulfureux. Souvent assez érotiques et crus (voire beaucoup. Yeux chastes s’abstenir). Nombre de toutes ces histoires viennent de Chloé, mon éternelle acolyte, dont je ne compte plus les soirées à entendre les souvenirs passés, parfois d’enfance ou d’adolescence, ou bien me contant ce que ses amies lui ont conté. J’y ai bien sûr ajouté un brin de mise en scène et de fiction. D’autres récits sont totalement fictifs. Tu ne sauras pas lesquels… Grand merci à Chloé pour m’autoriser l’écriture, la transformation et la publication de tout cela. Suivre toute mon actualité littéraire ? Lire un eBook gratuit, découvrir chaque semaine de nouveaux extraits ? Me soutenir ? C'est ici : https://plume-interdite.com

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