Décidément trop jeune - & autres Dialogues Interdits

Décidément trop jeune - & autres Dialogues Interdits

« Dialogues Interdits », série d’histoires indépendantes légères et souvent sulfureuses. Ayant pour particularité de ne contenir aucune narration.

Ecrit par Théo Kosma sur des souvenirs de confidentes, recueillies par Chloé.

Retrouvez très régulièrement cette série sur Le Bisou.



Décidément trop jeune

— Faudrait qu’elle comprenne notre différence d’âge. Sixtine est tout juste majeure ! Face à moi qui ait une cinquantaine d’années ! Enfin elle se rend pas compte ?!

— Bien sûr que si.

— Alors c’est une perversion.

— Laisse-la faire. Laisse-la s’amuser, fantasmer, imaginer. Je crois pas qu’elle en veuille davantage.

— Puisses-tu dire vrai.

— Je pense même que si tu répondais à ses avances elle en serait la première choquée.

— J’irai pas vérifier. Donc selon toi c’est mon rejet qui lui plaît ?

— Je pense même qu’elle pourrait t’offrir un proverbe : « Ton indifférence fait mon excitation ».

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Nostalgie… ou pas

— Alors, maintenant que t’es grand-mère est-ce que tu fais partie des nostalgiques ?

— A propos de quoi ?

— A propos de ce lieu. Toi qui as connu le naturisme pur et dur. Assez souvent j’entends des v… heu, des personnes d’âge mûr qui disent que blablabla les valeurs naturistes se perdent et tout et… Je me demandais ce que toi t’en pensais.

— Le naturisme d’aujourd’hui ? Je vais peut-être te surprendre : je suis pour. Ah pour sûr, rien à voir avec mon époque ! Celle où tout le monde était à poil dès que le temps le permettait, donc quasi tout le temps. Où chacun se pliait à la règle sans se poser de questions, sans que personne ait presque jamais à nous rappeler à l’ordre. S’il le fallait, tel ou tel adulte faisait la chasse au vêtement. Le temps où on restait nus MÊME le soir lors des veillées, des fêtes dansantes ou des concerts ! Connaissant cela depuis notre naissance on avait des épidermes à toute épreuve.

— Malgré tout cela tu n’es pas nostalgique. Et la nuit ?

— Souvent on dormait nus, on se réveillait nus, et on sortait nus de la tente le matin pour aller chercher le pain du camping dans la fraîcheur matinale. Et tout ça, sans que ça éveille chez nous quelque désir. Comment être excité du lever au coucher ? Puis va bander dans un domaine de nudité publique… Même mouiller était pas si évident. De nos jours il y a des ateliers de confection de paréo. On ne s’assoit plus à même le sol, même sur une chaise, il faut la petite serviette à poser avec. On est devenus frileux… dans tous les sens du terme ? Sauf pour la baise. Logique, la nudité facultative a changé la donne. On se met nus pour un bain de minuit. Pour se doucher au bloc sanitaire, bien planqué au fond, ou aux douches extérieures à la vue et au su de tous. On porte et déporte le paréo, à la taille, ou enveloppant tout le corps. Ou de manière plus insidieuse, qui laisse tout voir à certains instants de la marche. On s’habille peu et court mais sexy, petit short moulant, string, chemisette légère et entrouverte. C’est un petit manège érotique permanent ! En tout cas pour certains. Et surtout certaines.

— Tu es très observatrice.

— Pas du tout ! J’ai juste quatre petites filles très coquines qui racontent tout à leur grand-mère.

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Echanges limités

— Tes relations sont comment avec ce collègue ?

— Principalement sexuelles.

— Rien de plus ?

— Pas grand-chose d’autre entre nous. Si mon petit copain est jaloux il se fait vraiment des idées.


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Nudité compromettante

— Dis, tu veux plus jamais te déshabiller ?

— Un vieux débat entre toi et moi ça maman…

— Je pensais que t’avais passé un cap ! A ton entrée dans l’adolescence tu t’es revêtue… Puis l’année d’après et pendant plusieurs années, t’es redevenue la petite naturiste que j’ai toujours connue. Et là… catastrophe les vêtements sont de retour !

— Disons que j’ai franchi un nouveau cap. En vrai, pour tout te dire… c’est peut-être la dernière fois que je vous accompagne ici. J’ai déjà presque plus l’âge !

— De faire du naturisme ?

— De partir en vacances avec vous. L’été prochain j’aurai largement l’âge de voyager seule. Enfin, sans vous.

— C’est vrai. Sans tes parents et avec des vêtements ! C’est ton choix… Mais dis-moi, que s’est-il passé ?

— Mon corps a évolué… Logique et biologique. Pendant un temps ma nudité était trop lisible : à chaque instant d’excitation mes seins gonflaient et pointaient beaucoup trop. Beaucoup trop pour que j’enfile pas un paréo ! L’année d’après c’était bon. Déjà j’étais moins émotive, et quand j’étais excitée ça se voyait moins.

— Je sais. A notre grand bonheur tu t’es remise à vivre toute nue comme nous en été ! Et idem l’année suivante ! Et là de nouveau, changement radical.

— En fait c’est simple. Il y en a, en se déshabillant, qui disent bien plus de choses sur leur personne qu’en restant vêtus. Apparemment j’en fais partie. Toi et papa êtes tolérants, très gentils comme toujours… vous avez fait l’air de rien. Mais y a dix jours, ça faisait un an que vous m’aviez plus vue nue. Et quand j’ai tout retiré vous avez eu un choc. Hein ?

— Oui bien sûr…

— Chatte épilée au centième de millimètre, tatouage osé qui part de la hanche et finit à l’entrecuisse, ne pouvant se voir en entier que jambes écartées, piercing au nombril, bronzage intégral réalisé en cabine… On est bien d’accord : ça se voit que j’ai démarré ma vie sexuelle. Non ?

— Re-oui. Bon, ton père et moi on s’en doutait.

— Sauf que là, c’est la terre entière qui en est informée ! Pire encore, ma peau est sensible, et ici mes petits copains d’enfance aiment bien coucher avec moi. Quand je passe un moment avec l’un d’eux, après je te dis pas. Rougeurs à l’entrecuisse, à la raie, et souvent même suçons et griffures. Ce qu’on remarquerait pas avec des habits.

— Est-ce qu’ils pourraient pas y aller moins fort ?

— Certains ont envie de moi depuis des années, certains fantasmaient avant même d’être en capacité de baiser. Je peux pas non plus leur demander l’impossible. Pendant un temps j’y ai pensé, je me suis dis qu’on allait prendre des positions marquant moins le corps, moins longtemps, ou que j’allais me limiter à les pomper. Mais… c’était pas raisonnable. Pas convenable pour eux, et à peine plus pour moi : j’ai quand même besoin de jouir ! Donc du coup c’est comme ça : retour du paréo ! Et de la tête aux pieds, car la dernière fois j’avais même une morsure au mollet.

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Profondeur

— T’aimes pas cette relation ? T’as pas l’air satisfaite…

— Je voudrais tellement que ça aille plus loin entre nous…

— C’est-à-dire ?

— Ben, qu’il me pénètre plus profondément que cinq centimètres ! Pas possible ça. Soit on ose soit on n’ose pas, on peut pas faire un entre-deux.

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Cliente profiteuse

— Parfaite cette nuisette.

— Qu’est-ce qui te plaît autant ?

— Qu’on ait cinq jours pour la rapporter si elle nous convient pas, du moment qu’elle soit bien clean.

— Et t’es pas capable de dire là dès maintenant si elle te va ou non ? D’accord ça se porte à même le corps, sans rien en dessous. Même dans une cabine d’essayage je comprends que ce soit compliqué mais…

— Tu penses que je vais m’en passer ? Bien sûr que je vais la tester dans la cabine. Et en retirant tout avant, qu’est-ce que tu crois c’est super excitant.

— Ah. Et ça sera pas suffisant ?

— Voyons, élémentaire ma chère. Il faut que je teste l’effet au grand jour, et surtout à la pleine lune, qui hasard ou destin est pour ce soir. Pour vérifier si on voit à travers ou non. Et à quel point, et de quelle façon. Il faut que je teste devant le miroir, différents effets, angles, lumières, à différentes heures. Faut pas que le garçon en voit trop, faut pas qu’il en voit pas assez non plus. C’est très subtil ! Et ça, je ne peux pas le vérifier dans le magasin.

— A quoi bon ? Un garçon dans ta chambre avec toi en nuisette, c’est forcément un tissu que tu vas retirer pour lui. Non ?

— Je te parle du garçon qui passe dans la rue et m’observe dans ma chambre.

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Nudité compromettante, un an plus tard

— C’est dingue ! Toi de retour ! Ici, avec nous !

— Belle surprise pour papa et toi hein ?

— C’est fantastique que tu viennes encore avec nous en vacances. Surtout ici en domaine naturiste ! Alors que tu voulais plus en entendre parler ! Je pensais vraiment pas que tu voudrais de nouveau, en tout cas avec nous, maintenant que t’es toute jeune adulte.

— Y a trop de choses auxquelles je tiens ici. Trop d’habitudes, d’amis d’enfance !

— Je me souviens que c’était sexuellement que ça te gênait. Tu disais que quand t’étais nue, ça se voyait trop que t’avais une activité sexuelle régulière. Et qu’en plus, quand tu couchais avec un ami d’enfance ça se voyait trop sur ton corps ensuite.

— Exact ! Les griffures, les rougeurs, les courbatures, les suçons…

— Et… t’es devenue plus sage ?

— Oh non, au contraire. La seule différence c’est qu’avant, que tout le monde sache ce que je venais de faire, ça me gênait. Désormais ça m’excite !

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Ecrit par Théo Kosma (plume-interdite.com) sur des souvenirs de confidentes, recueillies par Chloé… en partenariat avec Le Bisou. N’hésitez pas à commenter…

Fin
Théo_Kosma

Théo_Kosma

Auteur francilien, j’écris sur des thèmes sortant des sentiers battus. Tantôt humoristiques, légers, graves, dramatiques… mais toujours sulfureux. Souvent assez érotiques et crus (voire beaucoup. Yeux chastes s’abstenir). Nombre de toutes ces histoires viennent de Chloé, mon éternelle acolyte, dont je ne compte plus les soirées à entendre les souvenirs passés, parfois d’enfance ou d’adolescence, ou bien me contant ce que ses amies lui ont conté. J’y ai bien sûr ajouté un brin de mise en scène et de fiction. D’autres récits sont totalement fictifs. Tu ne sauras pas lesquels… Grand merci à Chloé pour m’autoriser l’écriture, la transformation et la publication de tout cela. Suivre toute mon actualité littéraire ? Lire un eBook gratuit, découvrir chaque semaine de nouveaux extraits ? Me soutenir ? C'est ici : https://plume-interdite.com

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