
Un été très chaud...
Publié le 1/16/2026
C’était l’été, dans ce village de la Drôme où les pierres gardent la chaleur du jour et où les soirées semblent suspendues hors du temps.
La maison de famille nous accueillait comme chaque année, pleine d’échos, d’odeurs anciennes et de silences rassurants.
Ils étaient là aussi.
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Créer un compteN. et F.
Deux hommes en vacances avec leurs enfants, installés tous ensemble dans la même maison. Leur complicité était évidente, fluide, presque instinctive. Ils se connaissaient depuis toujours ; cela se voyait dans leurs regards, dans leurs gestes. Les enfants couraient, riaient, se retrouvaient comme s’ils ne s’étaient jamais quittés. J’étais convaincue qu’ils étaient frères.
Nous avons sympathisé naturellement.
Un soir, j’ai proposé un verre et des jeux de société sur la place du village, au pied du château. Des tables de bois, la douceur de l’air, les rires mêlés au tintement des verres.
Très vite, quelque chose s’est installé.
Un trouble diffus.
Je les regardais, l’un puis l’autre. N., avec son assurance tranquille, son regard direct, cette façon de s’imposer sans hausser la voix. F., plus réservé, plus attentif, présent dans les détails, dans les silences.
Ils me plaisaient tous les deux.
Différemment.
Et cette pensée m’accompagnait, insistante : il faudrait choisir…
Quand la phrase m’a échappé —
« C’est quand même fou, vous ne vous ressemblez pas pour des frères… »
ils ont éclaté de rire.
Un rire franc, complice.
« Normal ! On n’est pas frères. »
J’ai senti mon corps réagir avant même de comprendre.
Quelque chose s’est ouvert.
Plus de barrière. Plus de dilemme.
Je les ai regardés autrement.
Et N. l’a vu. Il me le dira plus tard.
« Je croyais devoir choisir… », ai-je murmuré.
Le silence qui a suivi était chargé. Dense. Plein de promesses.
F. est parti chercher la clé de la maison de son père.
Pendant ce temps, N. s’est rapproché. Le premier baiser est venu naturellement, sous les étoiles, avec ce goût d’interdit qui fait battre le cœur plus vite. Quand F. est revenu, il s’est glissé derrière moi, lentement, déposant son souffle au creux de mon cou. J’ai fermé les yeux dans un frisson.
La maison nous a engloutis.
Une chambre.
Une porte qui se ferme.
Les vêtements ont disparu sans hâte, comme si chacun savourait ce qui était en train de naître. N. était plus direct, plus brûlant, murmurant des mots qui faisaient vibrer quelque chose de profond en moi. F., lui, prenait le temps, explorait, caressait, s’attardait là où je frémissais le plus.
Je me sentais entourée.
Soutenue.
Désirée de deux manières différentes, complémentaires.
Leurs corps se rapprochaient, se frôlaient. Les voir s’embrasser, sentir leur excitation commune, a fait monter une vague puissante, presque vertigineuse.
Mon souffle s’est accéléré, mes gestes se sont faits plus instinctifs. Il n’y avait plus de réflexion, plus de retenue.
N. s’est allongé et mon corps l’a rejoint aussitôt, sans hésiter. Je me suis installée sur lui et, dans le même mouvement, j’ai attiré F. contre moi, le guidant derrière.
Chacun à sa place.
Tout s’est intensifié.
Les mouvements.
Les respirations.
La chaleur.
Les corps se répondaient, s’accordaient.
Le plaisir montait en vagues profondes, incontrôlables, traversant chaque muscle, chaque pensée.
Je me suis abandonnée.
Totalement.
Le moment est arrivé sans prévenir, puissant, éclatant, me laissant haletante, traversée de frissons…
« Merci de ne pas être frère », fut tout ce que je trouvai à dire.
Nous avons dormi ainsi, nos trois corps étendus, encore vibrants, reliés par ce qu’ils venaient de vivre ensemble.