
SAINT-RAPHAEL - ÉTÉ 2018 — CHAPITRE 1
Publié le 6/9/2025
SAINT-RAPHAEL - ÉTÉ 2018 — CHAPITRE 1
Je vais vous raconter l’un des souvenirs les plus brûlants de ma vie.
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Créer un compteÉté 2018, côte d’Azur, la lumière écrasante du sud dessinait des halos sur les murs blanchis à la chaux. La villa dominait Saint-Raphaël, accrochée à la colline comme un secret qu’on n’avoue pas. La mer, en contrebas, scintillait à travers les pins, et l’air, saturé de cigales, vibrait d’une tension presque sexuelle. J’avais 18 ans à peine depuis deux mois, et je venais d’atterrir dans ce décor comme un papillon de nuit attiré par une flamme.
Ma grand-mère m’avait expédiée là "pour changer d’air", pensaient-elles. La villa appartenait à Jérôme et Nathalie, ses amis de longue date qu’elle avait aidé dans une autre vie à Kiev. C’était un couple à faire exploser toutes les idées reçues sur les quarantaines fatiguées. Jérôme, brun grisonnant, le corps sec comme taillé à la serpe, la mâchoire dure, le regard bleu acier. Nathalie, elle, évoluait pieds nus comme une nymphe, peau dorée, seins libres sous des tuniques transparentes, le rire grave. Ensemble, ils incarnaient le genre de sensualité assumée qu’on ne comprend qu’en la vivant.
Ils avaient des jumeaux, Juliette et Louis, 21 ans, et un invité, Baptiste, un ami d’eux, 20 ans. Tous les trois sculptés par le soleil et les heures passées au bord de la piscine. Juliette, long corps élancé, blonde glaciale avec ce charme cruel qu’ont les filles qui savent qu’on les regarde. Louis, son frère, les yeux sombres, avait ce sourire de connard irrésistible. Torse nu du matin au soir, jambes étalées, il me parlait comme si je n’avais jamais rien vu. Et il avait raison. Baptiste, discret, plus doux, regard en coin, lèvres pleines, corps tranquille. Le genre de garçon qui vous observe plus qu’il ne vous touche, et qu’on rêve de provoquer. Mais il semblait surtout fasciné par Juliette.
La maison, immense, sentait le pin chauffé au soleil. La piscine était le centre du monde. Le jour, c’était peau nue, huile solaire, plongeons lascifs. Le soir, le jeu s’intensifiait, les regards duraient plus longtemps, les vêtements se faisaient rares, l’alcool déliait les silences. Leurs gestes, leurs postures, tout semblait conçu pour effleurer, frôler, tester. Le soir, on jouait à se tester du regard, un verre à la main, jusqu’à ce que les adultes se couchent.
J’étais hébergée dans la chambre de Juliette, grande blonde froide, toujours tirée à quatre épingles, mais avec ce quelque chose d’arrogant qui te fait sentir toute petite. Elle savait qu’elle plaisait. Elle s’habillait moulée, sans pudeur. Et moi, j’essayais de ne pas fixer ses fesses trop longtemps quand elle se changeait. Dès la première nuit, j’ai compris qu’ici, personne ne dormait complètement.
Une nuit, la chaleur était moite, électrique, je me suis levée en petite culotte et crop-top pour aller boire un verre. La maison était plongée dans le noir, juste la lumière de la lune sur les murs blancs. En passant devant la chambre des parents, j’ai entendu. Les gémissements. Le souffle rapide. La voix de Nathalie :
— Baise-moi plus fort, Jérôme…
Puis un bruit sec. Une fessée. Sa voix à lui, rauque :
— Suce, salope.
J’étais collée contre la porte, tremblante. Le choc. L’excitation. Ma main est descendue toute seule, sous la culotte. Mon sexe était trempé. Contre la porte, je me caressais en silence, les yeux fermés, la tête pleine d’images : Jérôme torse nu, musclé, prenant Nathalie par les hanches, ses doigts imprimés dans sa peau, ses reins frappant contre elle. Elle offerte, cambrée, gémissant. Et moi, à quelques centimètres, en train de me doigter comme une adolescente, spectatrice affamée, haletante dans l’ombre
Quand je suis retournée dans la chambre, les jambes tremblantes, le sexe brûlant, Juliette dormait — ou du moins, je le croyais. Allongée, je n’ai pas pu m’empêcher de continuer, plus fort cette fois. Je me caressais en pensant à lui. À ce corps. À cette voix. Je me suis mordue la lèvre et j’ai joui doucement, le souffle coupé.
Puis, dans le noir, la voix de Juliette :
— Tu pensais à qui ?
Sa voix. Glaciale. Réveillée.
Silence. Mon cœur s’est arrêté. Je me figeai, la main encore entre mes cuisses.
— Je t’entendais. Depuis dix minutes. Tu n’étais pas discrète.
Elle s’est retournée, allumé la lumière, s’est redressée un sourire moqueur sur ses lèvres impeccables.
— Tu te touches, hein ? Petite salope… Tu pensais à mon frère ? Il te plaît ?
Je n’ai rien répondu. J’étais rouge, nue sous le drap, le cœur affolé, les cuisses collantes. Elle m’a regardée longtemps, avant de se recoucher, comme si de rien n’était.
— Tu devrais faire attention. Louis aime les filles dociles. Mais moi, j’aime quand elles résistent un peu.
Elle a soufflé ça à mon oreille, puis s’est recouchée.
— Bonne nuit, Kristina.
Le lendemain matin, j’ai croisé Jérôme dans le couloir. T-shirt, short, odeur de peau chaude. Il m’a dit bonjour en me touchant légèrement l’épaule. Mon ventre s’est noué. J’ai bafouillé un "ça va" et je me suis réfugiée dans la cuisine.
Juliette était là, un café à la main, les yeux posés sur moi comme si elle savait tout. Elle a désigné son frère d’un regard complice, puis a repris sa conversation avec Baptiste comme si rien ne s’était passé.
Ce soir-là, on a dîné tous les quatre dehors, près de la piscine. Une fois les assiettes vides, Juliette a sorti une bouteille vide et l’a posée entre nous.
— On joue ?
Je savais que ce jeu-là allait déraper. Et j’en avais envie.
(à suivre)
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