
Sémantique du murmure
Publié le 5/28/2025
Sémantique du murmure (Texte inédit)
Une ligne de basse, un frémissement souterrain. C’est ton souffle qui cherche le mien. Ni aveux ni plaintes, tes mots sont le chant libre de ton plaisir, cette langue primitive qui court dans ta gorge quand je parcours ta peau de mes silences. Je n’ai rien à traduire, j’accueille. Gémir
Découvrez LeBisou
Rejoignez notre communauté pour accéder à du contenu exclusif et partager vos expériences !
Créer un compte
Tes mots me frôlent. Juste assez forts pour que je les devine, juste assez bas pour que je les désire. Contre ma nuque, comme on grave un sort. Une consigne, un vertige, une promesse. J’acquiesce sans voix. Mon corps répond avant moi. Susurrer
Sous la couette, au creux de l’oreille, nos voix se cachent. Des consignes jamais apprises. Un dialecte inventé à même la peau. Tu dis "encore", tu dis "là", tu dis "ne t’arrête pas", et dans ta bouche ces phrases deviennent incantations. Chuchoter
Nos respirations s’accélèrent, s’emmêlent, deviennent musique. Laisser tomber le contrôle, se rendre au souffle, au rythme, à l’abandon. Dire oui sans un mot, une invitation sans détour. Je te suis dans cette cadence effrénée, jusqu’au bord. Haleter
Un timbre grave, quand tu perds pied, quand je pousse un peu plus loin. Il vient de loin ce son-là, du ventre, du cœur, d’un endroit que personne d’autre n’a jamais touché. Jouir de la surprise, du trop, du presque trop. Râler
Tu cries, et ce cri ne fait pas peur. Il fend la nuit, fend la peau, fend les repères. Libère, éclaire, appelle à la suite. Comme un hymne. Crier
Parfois, entre deux vagues. Tu dis "c’est bon", je dis "tu veux que je continue ?", tu dis "j’aime quand tu fais ça", je dis "encore". Un dialogue limpide entre nos corps. Parler
Tu ne prends rien sans demander. Et moi, je réponds, toujours. Dans ta voix, la tendresse et la tension. L’égalité du désir. Je t’offre, tu accueilles, et inversement. Demander
Ton doigt dessine, ton regard propose. La porte laissée entrouverte. C’est moi qui pousse, si je veux. Et je veux. L’envie se faufile comme un ruisseau dans un lit de pierres chaudes. Doucement, obstinément. Suggérer
Ce soir, c’est moi qui intime. "Allonge-toi", "ne bouge pas", "regarde-moi". Tu t’offres, c’est un passage. Dans cette bascule, notre équilibre. Intimer
Je prends ta main, je la place sur moi. Je te montre comment, où, avec quelle lenteur, quel abandon. Tu trouves ta route, je redécouvre la mienne. Nos gestes balises. Guider
Une voix plus ferme, toujours douce. "Ferme les yeux", "écarte un peu plus", "touche-toi". L’ordre, une caresse de précision. Obéis avec joie. Ordonner
Et si ce soir, c’était toi ? Tes mots claquent, clairs. Ta voix espace. Tu dis "viens", et je viens. Tu dis "plus fort", et je le suis. Écrire la partition de notre plaisir, à deux voix, à quatre mains. Commander
Atteindre un lieu où le temps n’a plus de nom, où les contours du corps s’effacent pour devenir vibration. La conséquence et le commencement. Nous rejoindre. Dire oui à tout ce qui brûle, ce qui déborde, ce qui éclaire. C’est là que tout recommence. Jouir