← Retour au blog
gion.jpg
Littérature érotique

Le secret le mieux gardé de Kyoto

Publié le 5/2/2025

A la nuit tombée, je déambulais dans les ruelles de Gion. L'air était frais, celui de l'automne naissant où un simple pull posé sur les épaules suffit. Un frissonnement sur mes bras dénudés. Le silence ici contrastait avec l'agitation de l'artère principale. Les jeunes silhouettes féminines parées de robes de gala avaient disparu. De nombreuses portes en bois se dérobaient derrière des bandes de tissu parfois coloré.

Découvrez LeBisou

Rejoignez notre communauté pour accéder à du contenu exclusif et partager vos expériences !

Créer un compte

Il m'était impossible d'apercevoir la moindre ombre, ni d'entendre le moindre chuchotement. Tandis que j'avançais les sens en éveil, j'aperçus au loin un homme légèrement vouté qui, à ma vue, se retira en faisant coulisser prestement la porte. Arrivée à sa hauteur, nulle trace de cette vision furtive. Je poursuivais lentement mon chemin, les oreilles aux aguets. Toute mon attention était concentrée sur ce qui pouvait survenir dans mon dos. Ainsi, je ne vis ni n'entendis les pas du couple qui s’avançait vers moi.

La femme, fine, de taille moyenne, était parée de l'habit traditionnel de geisha. Ses cheveux relevés délicatement attiraient l’œil sur sa nuque poudrée de pâleur. A ses côtés, un homme plutôt grand portait un costume de couleur sombre à l'élégance recherchée. Ils semblaient ralentir le pas de sorte qu’à moins de marquer un arrêt, je ne pouvais que me retrouver à leur hauteur. A cet instant, qui arriva plus vite que je ne le souhaitais, l'une des portes masquées s'ouvrit. Parfaitement synchronisé à cet évènement inattendu, l'homme se tourna vers moi et me proposa dans un anglais intelligible de visiter le lieu en leur compagnie.

Surprise, j'hésitais à répondre lorsqu'il me demanda, cette fois dans un excellent français :

- " N'est-ce-pas une opportunité unique de pénétrer au cœur du grand mystère japonais ? "

J'esquissais un sourire qu'il prit pour un acquiescement. D'un geste sûr, il tendit la main en direction de l'entrée. Je réalisai alors que la geisha avait déjà disparu à l'intérieur. En écho à mon étonnement, il ajouta :

- " Maké a une affaire urgente à traiter. "

Je le précédais, à la fois intriguée et excitée par cette rencontre impromptue. Nous retirâmes nos chaussures dans la première alcôve où de fines sandales tressées de soie rouge patientaient. Passant une seconde double porte, l'hôte des lieux nous guida dans un dédale d'étroits couloirs bordés de portes toutes singulières, ornées de fines calligraphies. Après un moment qui me sembla étrangement long, surgit d'un dernier passage une porte rouge, faiblement éclairée de l'intérieur. Notre hôte s'effaça derrière une tenture.

Mon intrigant japonais fit coulisser l'une des parois de papier et me tendit la main pour m'aider à gravir l'escalier en bois qui se présentait. Le contact de cette main me parut à la fois familier et brûlante. Il sourit. Après une bonne volée de marches, une dernière ouverture révéla une pièce toute en nuances, avec en son centre une longue et large table en bois de cyprès. S'y tenait une bouteille givrée ainsi que deux verres en forme de trapèze.

- " Si vous voulez bien continuer à me faire confiance, j'aimerais que vous partagiez avec moi ce saké délicatement parfumé. "

Je fus surprise en effet par le raffinement de cette boisson qui, en France, m'avait laissé l'empreinte d'une morsure. Je lui fis part de ce commentaire. Il sourit de nouveau.

- " Ce soir, vous irez de découverte en découverte. "

Sa voix grave provoqua en moi un trouble qui se mariait avec la chaleur que le saké diffusait maintenant dans le haut de mon corps. C'est le moment que choisit Chaï pour me conter avec de multiples détails amusants l'histoire des

geishas. Je l'écoutais silencieusement, absolument ravie par l'originalité de ses anecdotes autant qu'impressionnée par sa maîtrise de la langue française.

Nos verres tintaient délicatement lorsqu'il nous resservait sans que je ne me sois aperçue que nous les avions vidés. Tandis que j'observais son visage et son corps, animés par sa narration, je perdais peu à peu le fil de ses propos. Lorsque je repris mes esprits, Chaï dit :

- " Oui très chère, vous avez bien entendu ! Il existe l'équivalent masculin de ces pittoresques geishas ! "

Les mots frappèrent mon esprit, coup de tonnerre puissant dont les ondes parcoururent tout mon corps. Alors, il se tut et plongea son regard dans le mien. Je ne savais que répondre, ni ne trouvais aucun commentaire à ajouter.

Il mit fin à mon combat intérieur.

- "Maintenant, je vais te tutoyer. Tu peux y voir une marque profonde d'intérêt pour la femme intrigante que tu es. Je désire te faire découvrir mon art. Le temps est venu pour toi de choisir, comme tu l'as fait en décidant d'entrer dans ces lieux. Ou de poursuivre ailleurs ton voyage. "

Sans délai, je baissais les paupières en signe de mon consentement.

- " Je veux entendre le son de ta voix claire. "

Les mots s'échappèrent aussi spontanément que le précèdent clignement d'oeil.

- " Oui Chai, je veux que tu me fasses découvrir ton art. "

Tout bascula. Il me prit fermement la main comme il l'avait fait auparavant au pied de l'escalier. Un nouveau passage sur la droite nous mena dans une salle semblable aux onsens découverts sur l'ile de Shikoku. Spacieuse et brumeuse. m'invita à synchroniser mes gestes aux siens. Ainsi, nous fîmes chacun une toilette longue et intime, côte à côte, dans l'espace organisé pour cela. Lorsqu'il considéra que c'était suffisant, il reprit ma main et nous amena jusqu'au bain de mosaïque empli d'eau thermale. Comme il commençait à me raconter ses intentions, j'oubliais l'incongru de notre nudité et de la situation.

Les mots qu'il assemblait étaient une invite à un voyage des sens.

- " De même que l'art des geishas se pare de secrets quant à leur étendue, mon savoir ne connaitra de limites, chère étrangère, que lorsque tu auras franchi les portes du plaisir.

Entendons-nous bien sur mes propos. Il ne s'agit pas là d'une référence à l'orgasme occidental, quand bien même il serait multiple. J'entends être ton guide sur un chemin où à chaque fois que tu penseras avoir atteint le sommet, une nouvelle voie te sera proposée, te menant encore plus haut. "

Je pensais alors à ma journée à Inari. J'avais tout à fait ressenti ce qu'il évoquait a chaque fois qu'en haut d'un interminable escalier, le plat du temple résonnait comme une déception :

" Comment, c'est déjà fini ? J'en veux encore ! "

La découverte d'un nouvel escalier abrupt m’avait rempli d'une allégresse enfantine.

Ce tournant radical dans les propos de mon étranger ne suscita en moi aucun effroi. A l'inverse, ma curiosité avait fait céder les dernières résistances. Chaï sortit du bassin.

- " Je vais me préparer dans la salle du saké. Je t'invite à profiter encore de ce bain pour vider ton esprit de ce qu'il te reste de préoccupation. Lorsque tu sentiras ton corps ouvert, telles les digues d'un barrage après les crues printanières, alors, tu revêtiras le yukata à l'entrée. Et tu me rejoindras. Je ne sais combien de temps s'écoula quand je sentis enfin l'image de ce barrage lâcher. Toujours est-il qu'il me sembla franchir un nouveau cap quand je sortis de l'eau.

L'air plus frais agit comme une caresse tiède bienvenue. Le yukata blanc était tissé dans un coton doux comme de la soie. Lorsque je pénétrais dans la pièce du rendez-vous, le lieu avait changé d'apparence. L'odeur de l'encens délicat qui brûlait dans une niche effleura mes narines tandis que ma vue était comblée par les confortables tatamis et futons que Chaï avait harmonieusement disposés. Il me fit signe de m'installer face à lui, à une distance a peu près équivalente à la largeur de la table maintenant disparue.

Deux flacons aux formes oblongues trônaient à mi-distance de nos deux corps, sur un plateau laqué. Il tendit la main vers celui qui comportait des écritures et me dit :

- " Je vais commencer par m'occuper de tes pieds petite Maiko. "

Il déposa mes pieds sur deux coussins épais et fit couler de l'huile chaude au sommet de mes orteils. Simultanément, chacune de ses mains vint entama une danse subtile et sensuelle qui provoqua une détente profonde autant qu'éveillée. Il me dit de m'étendre afin de profiter pleinement de l'expérience. Toute notion de temps se déroba. Je gardais les yeux ouverts. Chaï ne cessait de me regarder en souriant. Il renouvela le même rituel avec mes mains. Je m'abandonnais à sa dextérité, remplie de gratitude pour le bien être qu'il me procurait.

Chaï se mit alors à me décrire ce que ce massage et le contact de ma peau provoquaient en lui. Il parla de la chaleur que lui-même ressentait, du désir qui parcourait son corps, du voyage que nous commencions ensemble dans ce premier corps à corps. Sa voix me semblait terriblement hypnotique.

Lorsqu'il en eut fini avec mes mains, il me dit de m'asseoir à nouveau. il se dévêtît, révélant un sexe fin tout en étant charnu, fièrement tendu vers moi. Surprise de sa nudité soudaine, je sentis mes joues s'empourprer.

- " Maintenant, je veux que tu regardes attentivement comment je vais préparer mon corps à s'unir au tien. Lorsque tu pourras sentir au fond de toi que je suis prêt, je m'occuperai de te préparer à ton tour. Pendant ce temps, tu es libre de rester habillée ou de te dévêtir. Tu peux te contenter de regarder ou te procurer des caresses à ta guise. "

Il s'enduisit patiemment de la seconde huile au parfum boisé, sans cesser de me regarder. Peu à peu, il me semblait sentir sur mon corps la chaleur de ses mains à l'exact endroit où elles se posaient sur le sien. Le trouble grandissait. Les battements de mon coeur avaient migré entre mes cuisses toujours plus brûlantes. Je ne tardais d'ailleurs pas à sentir le fin liquide qui s'échappait de moi. Ce que Chaï devait ignorer puisque je portais encore mon habit de coton.

- " Rappelle-toi qu'il ne t'est pas interdit ni de te déshabiller, ni de te toucher. " J'eus l'étrange sensation qu'il avait aussi conquis l'intérieur de mon cerveau effervescent. Ce n'est que lorsqu'il commença à s'enduire le sexe érigé que je cédais à la tentation que ses dernières paroles avaient fait naitre. Lentement, je défis la ceinture de mon yakata et le fis glisser le long de mes épaules. Chaï sourit. Une note subtile de lubricité allumait son regard. Ses mouvements étaient toujours aussi lents et hypnotiques. Cette absence d'accélération provoqua un violent désir de le battre à son propre jeu. J'écartai doucement les jambes, chaque main posée sur le sommet de mes genoux, lui offrant ainsi le spectacle de mon humidité. Je me synchronisai sur son rythme pour faire monter et descendre mes mains, sur l'intérieur de mes cuisses, descendant jusqu'à mes chevilles.

Chai m'offrit alors un sourire qui ne laissait aucun doute sur l'appréciation qu'il portait à mon initiative. Ce ballet synchronisé me sembla durer tant et tant que j'en perdis l'objectif de prendre l'avantage sur lui. De nouveau, j'étais centrée sur les sensations que Chai faisait naitre et de nouveau, je lui étais reconnaissante telle une enfant au pied d'un sapin de noël.

- " Tu as compris. Maintenant je vais te préparer à me recevoir. "

De ses mains, il recommença la même chorégraphie, s'occupant désormais de mes jambes, mes bras, mon dos, mon ventre, puis mes épaules et ma nuque. Jamais je ne sentis en lui le désir de se précipiter sur l'une ou l'autre de mes parcelles. Le feu continuait de s'agrandir, en même temps qu'une certaine impatience d'arriver à la prochaine étape. Cette réaction s'apparentait au retour d'une lutte de pouvoir entre nous. Tant que je la ressentais, Chaï ne cessait de m'effleurer et de me pétrir en évitant soigneusement les endroits où je brûlais qu'il me touche enfin. Ce n'est que lorsque la gratitude refit son apparition qu'il murmura distinctement :

- " Bien. Ouvre-toi encore que je puisse maintenant te goûter de ma bouche. "

Tout en moi céda instantanément. D'abord, je tentai de repérer où exactement il œuvrait. Etait-ce sa langue, ses lèvres, ses dents qui me distillaient ces caresses de plume ? Au dernier sursaut de mon abandon, je sentis alors une première secousse à la pointe de mon clitoris qui était sur le point d'imploser de chaleur. Sa langue, maintenant j'en étais certaine, orchestrait des mouvements qui bientôt se superposèrent aux caresses de ses doigts tout aussi experts. Tandis que sa bouche continuait de me chavirer, il insinua un doigt en moi qu'il fit coulisser au rythme d'un lent métronome.

Remontant sur la partie supérieure de ma plus profonde intimité, je me sentis m'ouvrir, tendue vers son va et vient incroyablement efficace. Sa langue glissa encore vers la seconde cavité jusque-là restée hermétique à toutes les tentatives de ses prédécesseurs. Son autre main prit le relais sur mon bouton gonflé. Tant et si bien que maintenant j’entendais distinctement les bruits de l'humidité de mon sexe ouvert qui résonnaient dans la salle. Chaï m'encouragea :

- " Tu es une élève facile. Ta réceptivité me comble. "

Ses deux index agissaient de concert tandis que sa bouche avait repris le chemin de mon clitoris. Il eut un léger mouvement de bassin afin d'approcher sa queue de moi. Les gestes me vinrent spontanément, avec la même précision qu'il mettait à me faire gravir ce nouveau sommet. Ensemble, nous étions à la fois occupés au plaisir de l'autre tout en savourant chacune de nos propres sensations. Alors, il m'invita à m'asseoir précisément en face de lui. Il souleva mes cuisses afin qu'elles surplombent les siennes jusqu'à ce que son sexe se trouve aligné a l'entrée du mien sans encore le toucher. Il attrapa chacune de mes mains.

- " Je suis prêt et tu es prêtes. Verse de l'huile sur ma verge. "

Je m'exécutais sans lâcher son regard où je perçus l'effet de l'onguent dans le brasier de ses yeux. Il reprit ma main et d'un mouvement imperceptible, me pénétra d'un seul coup, et fis une halte. Sans qu'il ne bouge, je sentais au-dedans sa queue palpiter et toucher toutes mes parois. Chai ne cessa plus alors d'aller et venir dans des rythmes sans cesse réinventés. Puis, il me laissa me mouvoir sur lui, sous lui afin que chacun trouve sa place dans le désir de s’offrir toujours plus de plaisir.

Bien plus tard, alors que je gravissais un énième sommet, j'aperçus le temple du plaisir dont il m'avait parlé. Chai s'y tenait à mes côtés et il dit :

- " Voici le secret le mieux garde de Kyoto petite Maiko. "

Commentaires

Avatar de philosophe
philosophe

5/14/2025, 7:43:46 AM

Superbe récit, merci beaucoup

Connectez-vous pour laisser un commentaire.