Sérénade... sexy

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Après un article nommé désir, Plaisir d'écrire nous gâte avec une nouvelle histoire coquine : Sérénade… sexy.

De collègues à amants…

    Béatrice est allongée sur le canapé. Elle gigote comme un enfant à qui l'on fait des chatouilles. Elle ne peut pas s'en empêcher. C'est… dingue. On en apprend plus sur nous deux. Jusqu'à présent, on est collègues. Mais tout a changé aujourd'hui. Plus rien ne sera comme avant, je pense, désormais. Là, elle me regarde et ses yeux sont brillants. Elle me regarde… comme pour me dire qu'elle n'a pas l'air d'y croire, comme pour demander sans dire un mot si c'est bien réel, ce qu'on vit ce soir. Je ne quitte pas ses yeux. Je hoche la tête. Je lui confirme que ce n'est pas un mirage. Je lui ai enlevé son manteau. J'ai voulu qu'elle reste. Je suis bien avec elle. Je me rends compte que je suis bien plus attaché à Béatrice que je ne le pensais. Elle me plaît. Elle est… sexy à sa manière et j'ai envie d'elle. Maintenant.   
    Je suis allongé sur elle et je veux qu'elle sente on ne peut mieux mon corps contre le sien. Nous nous regardons et nous ne faisons que nous sourire. Béatrice tend une main vers moi. Elle me touche la joue avec et me la caresse tendrement.

    — Marc… Ce qu'on s'apprête à faire, toi et moi, j'y ai pensé tout à l'heure, après qu'on se soit disputés. Je sais, ce n’est pas logique. J'avais peur que ça se soit réduit à néant, notre complicité. Et là…

    Je lui souris. À mon tour de la toucher: je pose mon index sur ses lèvres pour qu'elle se taise. Elle me regarde…

    Béatrice et moi, ce sont d'abord de bonnes relations de travail. Il règne une complicité entre nous et c'est un plaisir pour l'un de bosser avec l'autre et vice-versa. Béatrice est une femme charmante, gentille et surtout… pétillante, pleine de vie. Quand nous nous faisons la bise le matin, quand nous prenons notre pause et que nous fumons une cigarette ensemble… Quand nous nous croisons dans les allées du magasin… À chaque fois, Béatrice m'adresse un sourire radieux. Jusqu'à présent, nos rapports professionnels me convenaient très bien. Et puis il y a eu cette dispute dans la journée. Notre toute première dispute en trois ans. Que je n'étais pas bien pendant le reste de la journée !
    Béatrice a trente-sept ans. J'ai le même âge. Comme je disais, elle est charmante. D'une nature douce, gentille. Mais… Force est d'admettre qu'en plus de cela, Béatrice est une belle femme. De ses origines méditerranéennes, en l’occurrence portugaises, cette femme a des formes et des courbes comme il faut, là où il faut. Elle a de longs cheveux bruns qu'elle porte souvent lâchés, et la peau hâlée. Ses yeux sont marron et elle a un nez aquilin. Des mèches de ses cheveux lui caressent le visage quand elle marche. Elle porte des lunettes. Elle a longtemps hésité entre les lentilles de contact et les lunettes et au final… Moi, perso, je trouve que ça lui donne un côté sexy. Sa bouche est fine et elles sont particulièrement jolies quand Béatrice met du rouge à lèvres et qu'elle les remue, ses lèvres. Autant elle est douce et gentille dans la vie tous les jours, autant ses racines de la Méditerranée lui ont donné le sang chaud. J'aurais dû m'en souvenir quand nous parlions de la promotion de l'album du mois. Jamais nous ne nous étions disputés jusqu'à aujourd'hui.

Une dispute…

    Tout à ça à cause d'un artiste… Tout ça à cause de nos goûts et de nos couleurs… Je n'aurais pas dû. Mais… Sur le moment, j'ai eu l'impression d'avoir une ado fofolle, accro à son idole en face de moi. Fan de Ed Sheeran depuis les débuts du chanteur rouquin anglais, elle voulait, bec et ongle, que l'on consacre l'espace promotion du rayonnage à l'auteur-compositeur-interprète britannique et à son dernier E. P. En fait, pour replacer les choses dans leur contexte, ça a été notre responsable de section qui nous a demandé d'y réfléchir en équipe, de nous mettre d'accord puis de lui soumettre le fruit de nos concertations.
    Et quand j'ai fait part à Béatrice de ce que je pensais, à savoir qu'elle n'était pas le moins du monde objective et qu'à l'entendre, on croirait avoir une ado en face de soi, ça n'a pas plu du tout à Béatrice. Logique, avec le recul. Ses sourcils se sont froncés et les traits de son visage se sont durcis. Je n'avais pas le souvenir d'avoir Béatrice en colère une seule fois depuis que je la connaissais.

    — De toute façon, tu cherches toujours à avoir raison, Marc. Ça me déçoit de toi, ce que tu viens de dire. Bah tu sais quoi ? Puisque tu tiens absolument à avoir le dernier mot, tu vas te débrouiller tout seul.

    Sur ces mots, furieuse, Béatrice a balancé le dossier qu'elle avait à la main et elle est partie comme une furie. Je suis resté bouche bée. Jamais ce n'était arrivé, ça.

    — Béatrice !

    J'ai crié son prénom en espérant qu'elle fasse volte-face puis demi-tour, mais ça n'a eu aucun effet. Je suis resté planté là, avec les feuilles du dossier de Béa' éparpillées sur le sol. Il ne m'a pas fallu longtemps pour réaliser que j'avais pété les plombs. Pourquoi ? Pourquoi ??? Pourquoi je lui avais parlé comme ça ???
    Oh… non. Je ne me suis pas senti fier du tout. Et ça, je l'ai réalisé au fil du temps, quand j'ai constaté que Béatrice ne revenait pas. À la pause déjeuner, quand je me suis rendu à mon casier pour récupérer mon perfecto en cuir et ma sacoche en bandoulière avant de me rendre au parking de notre personnel et de prendre la route pour le kebab que tient mon pote Nordine à Saint-Maur-des-Fossés, mes collègues, tous autant qu'ils étaient, me regardaient. J'étais un animal rare, en voie d'extinction ou quoi ?

    — Quoi ? Qu'est-ce que vous avez à me regarder comme ça ? Je sens mauvais, j'ai une tache quelque part ou bien… ?
    — Bah… Marc… Comment te dire…
    — Eh bah, allez-y, dites. Accouchez. Mais dépêchez-vous. Je suis plutôt pressé, là.
    — C'est Béatrice. Elle est en rogne. Personne n'a osé lui adresser la parole. Il s'est passé quelque chose tout à l'heure entre vous deux. On sait.

    Je les ai regardés. Bon… Je savais qu'ils y avaient des pipelettes au magasin. Je ne suis pas né de la dernière pluie, je ne suis pas dupe. Je suis tout sauf ça. Néanmoins, bien que cette dispute puisse avoir un impact somme toute relatif sur l'équilibre et la bonne ambiance dans nos équipes, je considérais tout ça disproportionné. Qui n'a jamais eu de désaccord, après tout. Que celui ou celle qui n'en a jamais eu me jette la première pierre, alors.

    — Écoutez… Ce qu'il s'est passé, ça regarde que Béatrice et moi. Ça va rentrer dans l'ordre.

    Ils m'ont regardé avec des yeux ronds, écarquillés. À leurs yeux, je prenais ça par-dessus la jambe. Mais… ça, c'était mon affaire. J'avais mal parlé à Béatrice. Je m'en voulais. Béatrice et moi, on s'entendait bien. Et là, si pardon, explication et réconciliation il devait arriver, ça ne regardait que nous deux.

    — Ça regarde que Béa' et moi, vous comprenez ?
    — Béa' ? Oooh…
    
    Je n'ai pas répondu. Ils pouvaient interpréter, sous-entendre ce qu'ils voulaient… Moi, je voulais couper court à ça. Ça ne m'intéressait pas, les cancans en interne.

    — Bon app' !

    J'ai refermé mon casier à clé et je suis redescendu. Arrivé au parking, j'ai ouvert la porte conducteur de ma Ford Focus et j'ai mis la clé sur le contact. Marche arrière, manœuvre… Là. Direction le « grec » de ma porte Nordine…
    (…)   
    En voiture, je suis un conducteur prudent. Je respecte le Code de la route, la signalisation. Je respecte les limites de vitesse, les aléas de la circulation. Oui, j'écoute de la musique ou la radio pendant que je roule. Je pianote, je tapote le volant, mais tout en restant sur le qui-vive. Au préalable, avant de prendre la route, c'est-à-dire entre le moment d'attacher ma ceinture et de manœuvrer pour quitter le parking du personnel, j'ai connecté mon Smartphone aux enceintes de ma Focus. Sur Deezer, j'ai trouvé mon bonheur en trouvant une playlist composée de chansons présentes dans le jeu vidéo grand Theft Auto: Vice City Stories. Playlist 100 % « eighties ». Très bien. Étant fan de New Wave et de synthpop… Fan de groupes comme Depeche Mode, The Cure…
    Only the Lonely de The Motels...
    Je repense à tout à l'heure, à ce que nous devions faire. Moi, je voulais proposer After Hours, le dernier album de The Weeknd, un artiste sombre, ténébreux à mes yeux et dont la coloration très années 1980 des chansons de l'album m'a beaucoup plu. Pourtant, je sais que Béatrice apprécie sa musique aussi. Toujours était-il que le fin mot de l'histoire, c'était que j'avais mis MES préférences sur un piédestal et que je n'aurais pas dû parler à Béatrice comme ça.
    Au son de la musique, les yeux rivés sur mon trajet, j'ai pensé et même ressassé la dispute, ma réaction à l'instant-t… et ce qu'on m'a dit dans le vestiaire. J'en suis arrivé à UNE conclusion: il fallait que je présente mes excuses à Béatrice. C'était aussi simple que ça. Par ailleurs, ça m'a fait un pincement au cœur de réaliser qu'elle était fâchée… à cause de moi. Là, dans ma tête, j'ai revu la première fois où j'ai vu Béa', notre rencontre, les premiers mots qu'on a échangés. J'ai revu les barres qu'on a pu se taper et Dieu sait qu'il y en a eu. J'ai revu le jour où elle a pleuré quand elle a découvert que son connard de mec l'a trompée. Béa' était anéantie. Je suis resté auprès d'elle et je lui ai dit que tant qu'elle pleurerait, je ne partirais pas. Ce jour-là… Tout ça, tout ça… Il fallait que je fasse quelque chose. Perdre Béa' ? Même pas en rêve. Je trouverais une solution à mon problème pendant mon déjeuner. En parlant de déjeuner… J'étais arrivé.

Du pain, des légumes, des frites, de la viande…

    (…)
    — Ola, Marco ! Comment tu vas, mon frère ? Le boulot, ça va ?

    Ah Nordine… On se connaît depuis le bahut, à Créteil. Il ne change absolument pas.
    Mon choix ne s'est pas fait attendre. Lila, la serveuse, me connaît à force. À peine j'ai eu le temps de remuer les lèvres, son stylo s'est déplacé à toute vitesse sur le calepin posé sur le comptoir. Il faut dire que je suis un client régulier.

    — Monsieur Marc, votre menu kebab, salade tomates oignons, sauce samouraï, frites, boisson, sur place, comme d'habitude, n'est-ce pas ?
    Lila m'a souri. Elle est un ange, cette jeune femme. La vingtaine, les cheveux longs noir de jais couverts par un foulard, les yeux verts et des lunettes aux verres ronds… Les lèvres roses et fines, le sourire permanent… J'avoue… qu'elle est jolie. Elle a toujours le sourire et elle est professionnelle en toute circonstance. Quand j'y pense… Chaque fois que j'ai déjeuné chez Nordine, ça a été toujours Lila qui m'a reçu et qui a pris ma commande. Hmm… J'ai acquiescé. C'était précisément ce dont j'avais envie, ce midi. Qui plus est dans CE contexte. Un sourire chaleureux, une beauté. Du pain, de la viande et des frites, des légumes.
    Je me suis assis sur une chaise, à une table. Mais cette fois, c'était différent. Dans ce coin, en retrait. Ça ne me ressemblait pas. Je n'étais pas comme ça, d'habitude. Mais là… J'en avais besoin. Il fallait que je sois seul avec moi-même. Lila, à un moment où l'affluence était moins importante, est venue me voir.

    — Eh bah alors, monsieur Marc, qu'est-ce qu'il se passe ? C'est bien la première fois que je vous vois comme ça.
    Je l'ai regardée. Je lui ai souri. Ça m'a touché qu'elle soit venue et qu'elle se soit souciée de moi. Je savais qu'elle était bien éduquée et pieuse. Je savais que Nordine l'appréciait beaucoup et qu'il était fier de travailler à ses côtés.  Mais là… J'avoue que… qu'elle vienne, là, comme ça… Je… Je l'ai regardée, j'ai soupiré. C'était… C'était personnel. Pourtant, Lila faisait preuve de bonne volonté. Je le savais.

    — Monsieur Marc… Si vous avez besoin… N'hésitez pas. Je suis là.

    Lila a fait demi-tour et elle est revenue à son poste. J'ai mangé, mais sans grand appétit. Nordine me regardait. Discrètement. Mais je me sentais, me savais observé. Il est finalement venu me voir, lui aussi.

    — Marc, mon frère, ça ne va pas. Tu n’es pas comme ça, d'habitude. N'en veux pas à Lila. Elle a cherché à savoir. Tu sais comment elle est… Elle veut que les gens se sentent bien et qu'ils passent un bon moment ici. Toi… Il y a quelque chose qui ne va pas. Ne mens pas, Marc. Je te connais. On est frères, depuis le bahut et le tié-car. Allez ! Vide-moi ton sac, gros !

    (…)

Un bouquet pour se faire pardonner

    J'ai repensé à ce matin, une fois encore. Ça ne quittait pas mon esprit. Et quand j'ai quelque chose dans la tête, je ne l'ai pas ailleurs. Tiens… Voilà que cet adage de ma chère et tendre maman me revient, à son tour. Mais elle a raison. La dispute d'avec Béatrice m'a chamboulé. Perturbé. Ce n'était pas… possible ! Ça n'a pas pu… arriver ! Si. C'était arrivé. Je devais en assumer les conséquences. Tout à l'heure, j'ai tout dit à Nordine. Les yeux dans les yeux, Nordine m'a consacré tout son temps et m'a écouté. Mon vieux pote est resté fidèle à lui-même, soucieux de sa famille et des amis. Nordine m'a parlé et m'a permis d'y voir plus clair.
    J'avais les paroles de mon ami sur la route du retour. Il avait raison. Et ça confirmait ce que je pensais déjà. Il fallait que je demande pardon à Béatrice. J'aurais dû… Avec des « si », on refait le monde, n'est-ce pas ? Sauf qu'on ne vit pas dans le monde des Bisounours. Ça se saurait. Je savais ce que je devais faire. Je l'ai fait.
    Avant de reprendre mon poste pour l'après-midi, je me suis connecté sur Internet avec mon téléphone. Je suis allé sur le site d'un fleuriste qui a pignon sur rue à Créteil et j'ai commandé un bouquet de tulipes blanches. La tulipe est la fleur favorite de Béatrice. Je le savais, ça. Du coup, j'ai opté pour un bouquet de quinze tulipes. J'ai demandé à ce qu'un livreur se déplace pour dix-huit heures, soit pour la fermeture de notre magasin. Là. Voilà une bonne chose qui venait d'être faite. À présent, il fallait que je me reconcentre sur mon boulot. Après être descendu de ma voiture, l'avoir fermée à clé et être rentré dans le magasin, je suis allé aux vestiaires et je me suis changé. Là. C'était reparti. Arrivé au rayon où je suis affecté, je me suis remis au travail sans perdre une seconde de plus.
    (…)
    Pendant l'intégralité de l'après-midi, je n'ai pas vu Béatrice. Avec les autres collègues de ma section, à savoir Samira, Érika et Laurent, et ce malgré l'absence de Béatrice, nous avons tenu à avancer pour être ainsi en mesure de présenter à notre responsable quelque chose qui soit sérieux et qui tienne la route. Ça, ça a été notre travail tout au long de l'après-midi. Avec mes trois collègues, nous n'avons pas chômé dès que l'affluence dans notre secteur était moins importante. La priorité, bien entendu, c'est l'accueil de la clientèle, répondre à leurs questions, satisfaire leurs demandes diverses et variées. Toujours. Et quand c'était plus calme, on se reconcentrait et et on se remettait à notre tâche. Au milieu de l'aprèm', j'ai pris ma pause. Je savais que je pouvais faire confiance à mes collègues. Malgré les goûts et les couleurs qui leur sont propres, je les connais et je savais qu'ils sont consciencieux en toute circonstance. Sur ce, je suis descendu et je suis allé fumer une cigarette. Je savais que Béatrice était encore fâchée. Depuis notre dispute, hormis ce que mes collègues m'avaient dit à midi, je ne l'avais pas revue. Il n'y avait que Nadine, l'hôtesse de caisse, une charmante femme qui a la cinquantaine et qui est sympa. Elle m'a souri quand elle m'a vu arriver.

    — Salut, Marc, on ne s'est pas vu de la journée, je crois.
    J'ai acquiescé.
    — Marc, je ne vais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas. Mais… Béatrice… Je sais que vous deux, vous vous entendez bien. Je n’ai pas à te dire ce que tu as à faire. Mais… Béa' est plus blessée que fâchée. Elle a pleuré. Toi… Je ne sais pas quelle est votre véritable relation. Après, tu fais ce que tu veux, Marc. Mais… À ta place… Je recollerais les morceaux.
    (…)
    Pendant que je préparais le dîner d'avec Béatrice, j'avais le sourire aux lèvres et la playlist « 2020 » que j'avais programmée via Deezer sur mon téléphone résonnait dans mon appartement. Là, pendant que je peaufinais, achevais la préparation du tiramisu pour notre dessert, c'étaient Lady GaGa et Ariana Grande que l'on entendait, Rain on Me. Le temps défilait et Béatrice n'allait plus tarder. Nous allions… dîner ensemble ! Je n'arrivais pas à y croire, à réaliser. Tout à l'heure, au moment de la fermeture, quand j'ai quitté nos locaux, je n'avais bien évidemment pas oublié la livraison du bouquet que j'avais commandé sur Internet. Le livreur est arrivé pile à l'heure où je l'avais demandé. Ponctuel, classe, professionnel, il m'a demandé une signature et m'a remis les jolies fleurs. J'ai attendu ensuite. Je suis resté aux aguets, car je ne voulais pas rater Béa'. Je revoyais ce moment alors qu'elle allait bientôt sonner, toquer à ma porte…
    Béa' est sortie peu de temps après la livraison du bouquet. Elle était belle. Par contre, dès qu'elle m'a aperçu sur le parking, des éclairs sont apparus dans ses yeux. Elle n'était bien évidemment pas contente de me voir à l'instant t après ce qu'il s'était passé le matin.
    
    — Béatrice !

    Là, elle a braqué ses yeux dans les miens. On aurait dit une tigresse furieuse, prête à bondir sur un ennemi.

    — Qu'est-ce que tu veux, Marc ? Me démontrer par a+b que je suis une ado, c'est ça ? Ça t'a pas suffi tout à l'heure ? Il te faut quoi, en plus ? M'humilier davantage ?

    Je comprenais sa colère. Je méritais qu'elle me balance mes quatre vérités au visage. Mais… J'ai ouvert la portière arrière gauche de ma voiture et j'ai pris les fleurs qui se trouvaient sur la banquette. Là, j'avais les fleurs à la main. Béa m'a regardé. Ses yeux se sont posés ensuite sur les tulipes. Et puis, ils se sont reposés sur moi.

    — Tu n’y es pas du tout, Béatrice.

    Je me suis approché d'elle et là, j'ai posé un genou à terre.

    — Béa'… Je n’ai pas du tout été sympa avec toi ce matin. Je n’aurais pas dû. Tu es un trésor comme femme et moi, je t'ai manqué de respect. Béatrice…
    
    Là, elle m'a regardé, les yeux froncés.

    — Marc. Je répète ma question. Qu'est-ce que tu veux ?
    — Béa'… J'aimerais… que tu me pardonnes. Tu n’y es pas obligée, et je comprendrai…
    — Et ces fleurs, c'est pour quoi ? Pour qui ?
    — Ces fleurs… C'est pour m'excuser. Elles sont pour toi, Béa'. Pardonne-moi.

    Nous nous sommes regardés pendant un temps qui m'a paru interminable. Et puis Béatrice a tendu la main vers moi et s'est emparée des fleurs. Elle a porté le bouquet à son nez et en a respiré le parfum.
    
    — Des tulipes… Ma fleur préférée… Tu le sais.

    Qu'allait-il se passer ? Allait-elle me pardonner ? Allait-elle me faire mon procès, en dépit de mon geste et de mon bouquet d'excuses ? Je n'en savais rien.

    — Marc… Tu sais bien que je t'estime et que je t'aime bien. Je ne peux pas t'en vouloir éternellement. Tu es pardonné. Ton cadeau me touche. Sache-le. J'apprécie. Par contre… Tu m'as blessée ce matin. Ne recommence pas.

    (…)

Dîner à l’italienne

    J'avais presque terminé la préparation de notre dîner quand la sonnette a retenti. Sans prendre ni le temps ni la peine d'enlever le tablier de cuisine que je portais, je suis allé ouvrir.

    — Bonsoir Marc !

    Béatrice était ra-vi-ssan-te. Ses cheveux étaient relevés en un chignon et elle avait aux yeux ses fameuses lunettes. Elle portait un long manteau noir et ses lèvres avaient une teinte rouge passion. Nous nous sommes fait la bise.

    — Sois la bienvenue chez moi, Béa'. Entre, entre !
    — C'est beau chez toi, dis donc ! Oh là… là !
    — Merci ! Tu es gentille et… toi, tu l'es, belle.

    J'ai vu Béatrice rougir. Oh… Oh ! Elle a piqué un fard en réponse directe au compliment que je venais de lui faire.
    (…)
    Il m'a fallu finir de préparer le dîner, à commencer par les carbonara dont j'avais suivi la recette traditionnelle à la lettre. La tradition en Italie, aussi, c'est que les pâtes sont servies en entrée. Alors… Pendant que je finissais de m'activer dans ma cuisine, j'avais demandé à Béatrice de se mettre à l'aise. Elle a enlevé son manteau et là, j'ai perdu la tête. Ou plutôt… Les yeux me sont sortis de la tête, un peu comme le loup de Tex Avery, tellement Béatrice était magnifique dans la robe de soirée noire qu'elle portait. Et alors que je pensais à elle, à sa robe, alors qu'elle devait savourer la flûte de champagne que je lui avais servi, des notes de mandoline ont résonné dans mon appart'. Puis, une voix suave. Une sérénade…
    Intrigué par la musique qui venait de se mettre en marche dans mon appart', j'ai délaissé mon poste de travail aux fourneaux pour aller voir ce qu'il se passait. Quand je suis arrivé à l'angle du mur qui sépare la cuisine de ma pièce principale, je suis resté sans voix. Le tableau qui s'offrait à mes yeux était ma-gni-fi-que. Exquis. Béatrice dansait, seule. C'était là une sérénade langoureuse où un crooner italien se lamentait et demandait à sa belle de lui pardonner la grave erreur qu'il a commise. Béatrice était ravissante. J'étais subjugué. Elle me donnait envie de la rejoindre et de partager ce moment avec elle. Mais d'un autre côté… Je voulais rester là, juste à l'observer. Curieux comme je le suis habituellement, force était d'admettre que j'étais émoustillé. J'aimais ça, la regarder remuer son corps, danser au rythme de la musique, sans qu'elle ne le sache. Mais à force d'être curieux, je n'ai pas fait attention et j'ai fait un pas sans le faire d'exprès et ça a fait du bruit. Béatrice a sursauté et s'est retournée brusquement. Je venais de me faire griller.
    
    — Viens, Marc. Rejoins-moi. C'est pas juste que je danse et que toi, tu me mates. Moi, j'ai bien envie de danser avec toi. Viens…
    
    (…)

L’éveil de la sensualité

    L'odeur de son parfum, l'odeur de son corps… Je n'ai plus que ça en tête alors qu'elle est allongée sur le canapé et que je la déshabille, petite touche par petite touche. Juste avant de dîner, nous avons partagé une danse. Béatrice en est encore chamboulée tellement j'ai été d'une douceur… Mes mains sur ses flancs, les mots que j'ai murmurés… Elle, la tête dans mon cou, la respiration courte… Et là, je suis allongé sur son corps. Je la dénude petit à petit. C'est donc vrai… Nous allons faire l'amour… Béatrice réalise. Depuis qu'elle m'a vu pour la première fois, au magasin… Béatrice avait un faible pour moi… son collègue. Seulement… On était bien complices au fur et à mesure que le temps passait et elle ne se voyait pas remettre en question cette belle alchimie professionnelle entre nous. La dispute a bouleversé notre complicité. Je l'ai blessée. À l'écart, elle a pleuré. Jamais elle n'avait pensé que je puisse être comme ça. Mon comportement l'avait blessée. Non ! Déçue ! Et quand je suis venu avec le bouquet, à la fermeture, à genoux, lui présenter mes excuses, ça l'avait fait fondre. Elle me l'a dit, au cours de notre dîner. Ses yeux étaient dilatés, particulièrement dilatés.
Et là…

    — Marc… Fais-moi l'amour… Depuis le temps que j'en rêve… Je suis à toi… Le reste n'a pas d'importance…

    Là. J'abaisse les bretelles de sa robe et son corps se révèle, là, sous mes yeux. La soirée ne fait que commencer en réalité…

    (…)
    Béatrice me regarde. Ses mains me touchent les fesses et les caressent. Elle m'aide à aller et à venir dans son vagin. J'ai la tête qui tourne. Je m'imprègne de tout et j'associe les différentes sensations les unes avec les autres. Le goût du sexe épilé, mouillé, salé de ma collègue, quand je l'ai léchée, doigtée… Les soupirs et les gémissements de Béatrice dès que j'ai commencé à m'occuper de son corps, après qu'elle ait été entièrement nue… Le visage, le corps de Béa' sur lequel je suis allongé pendant que je lui fais l'amour tendrement… La senteur d'agrumes sur son corps depuis que nous avons dansé tous les deux… Les courbes et les formes de la femme qui se frottent sur mon corps pendant que je la pénètre… J'en veux encore.
    (…)
    C'est tout pour Béa', rien que pour Béa'. Pendant que je lui donne des baisers et que mon sexe continue de coulisser en elle, même si je suis corps et âme avec elle, je repense au moment où nous devions nous donner congé l'un de l'autre et qu'elle s'apprêtait à partir. Galant, je lui avais remis son manteau et je l'avais même aidée. Mais… En la regardant, j'ai vu une teinte particulière dans ses yeux. De la déception, de la tristesse indéniablement.

    — Béa'… Ça ne va pas. Qu'est-ce que tu as ? Dis-le-moi.

    Béatrice m'a regardé, les yeux à la limite des larmes.

    — Marc…

    Là, elle a posé subitement ses mains sur mes joues et ses lèvres se sont déposées sur les miennes. Béatrice m'a embrassé goulûment. La violence du baiser m'a pris au dépourvu. Béatrice… se dévoilait. Béatrice… s'y donnait corps et âme, dans ce baiser.

    — Marc…
    
    Ses lèvres ont quitté les miennes un temps. Nous nous sommes regardés. Pas un mot. J'ai alors osé porter mes mains sur son visage à mon tour. Là. Mon visage s'est rapproché du sien et c'était à mon tour de prendre l'initiative du baiser. Béa' a gémi contre mes lèvres. Ses bras m'ont enlacé, ceinturé. Plus rien n'avait d'importance, hormis ce baiser dans lequel nous nous disions tout. C'étaient nous deux, rien que nous deux. Nos lèvres se sont séparées de nouveau. Nous nous sommes regardés. Estomaqués, on était. On en apprenait plus sur nous deux…

    — Marc…
    — Béatrice…
    — Je…
    — Je…
    — Marc, je…. Je…
    — T'en vas pas, Béa'. S'il te plaît.   
    — Marc… Je suis bien. Je ne veux pas. Tu me plais. Je… 
    — Béa… Je n’aurais pas dû. Je suis… Je suis…
    — Chut, Marc. Embrasse-moi. J'aime.

Corps et âme avec Béatrice

    Et là, je suis en train de faire l'amour à Béatrice. Que va-t-il se passer demain ? Peu importe. Vivre le moment présent ? C'est ce que nous faisons. Et nous allons en jouir. Je suis bien avec elle. En elle. Jouir… Je vais et je viens… entre ses reins…
    Je suis en train de coucher avec Béatrice… Béatrice, ma collègue, ma complice… Je savais qu'il y avait quelque chose entre nous… Mais entre bien s'entendre avec une collègue et avoir plus d'intimité avec, ce sont deux poids, deux mesures. C'est pour ça que je suis prudent. C'est comme si Béa' était faite de faïence. Je prends soin d'elle. Et puis… je profite du moment présent, je m'imprègne de tout ce que ma collègue m'offre en cadeau, là. Ce n'est que pur délice de sentir son corps nu contre le mien. Béa' est sexy. Le rythme est langoureux. Entendre Béa' gémir m'excite. Je l'embrasse, je la caresse. Je lui parle, je lui dis que je suis bien avec elle. Je la mets en confiance, j'aiguise sa sensualité.

    — Marc…
    
    Je l'embrasse sur le front. Béa' soupire. Elle s'offre tout entière, ce soir.
    (…)
    Nous sommes l'un contre l'autre et nous gémissons à l'unisson. Sous moi, je sens Béatrice. Sa peau est trempée, luisante de sueur. Sa poitrine généreuse ballotte et se colle à mon torse. Nos sexes s'unissent à merveille et s'entrechoquent. D'un rythme lent, nous sommes passés à des pénétrations plus fluides, plus franches. C'est un moment à part, hors du temps, qu'on vit. Vivons le moment présent. Je vais et je viens… J'embrasse Béatrice là où mes lèvres peuvent rencontrer sa peau. À force, Béatrice a du mal à reprendre son souffle. Son sexe n'en finit pas d'être humide. Mon sexe y est bien. Je murmure des mots doux à Béatrice. Je lui dis qu'elle est belle et que j'aime lui faire l'amour. Je lui dis qu'elle a un corps magnifique et que son orgasme sera un beau cadeau qu'elle m'offrira.

    — Marc…

    Béa' soupire, Béa' gémit. Elle se laisse aller. Elle se donne à moi. Je me donne à elle. Ce n'est que du plaisir… Peu importe ce qu'il va se passer demain, au boulot. Car demain est un autre jour.
    Nous faisons l'amour et nous avons du plaisir. C'est tout ce qui compte.

FIN


Les commentaires

Vince45 à 16:02, le 30 novembre 2021


Très belle histoire

Donald 66 à 13:44, le 9 décembre 2021


Annie...je viens de lire ton histoire vécue. ...ça m'à vraiment émoustillé et ça me donne envie de te rencontrer a une telle fête


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