La goutte qui fait déborder...

Après Café Poésie, Aleph offre aux membres de la Communauté une histoire encore plus coquine !


Elle l’aime. Elle l’aime depuis la première seconde où elle a croisé son regard. Lui ; son coeur est déjà pris. Le hasard semble pourtant vouloir les rapprocher.


Aujourd’hui encore, tous ceux qui devaient partager le festival avec eux se sont dérobés. Ils se retrouvent tous les deux pour rejoindre, en soirée, quelques amis venus de plus loin. Lorsqu’elle le rejoignit chez lui, il s’apprêtait à prendre une douche et lui ouvrit la porte juste vêtu d‘un caleçon, le corps luisant de gouttes de sueur, révélant ainsi ses muscles si bien dessinés. Elle sentit la chaleur l’envahir mais ce n’était pas dû à la température de cette journée d’été !!!!

Il lui promis qu’il n’en avait pas pour longtemps et lui fit signe de patienter dans un confortable fauteuil. C’était un de ces fauteuils en cuir dont l’âge se lisait sur chaque rayure, chaque trou, chaque tâche. On pouvait deviner ici un chat énervé, là du café renversé en chahutant ou encore, une cendre, encore rouge, surgie de la cheminée lors d’une douce soirée d’hiver. Ce passé vous enveloppait d’un drap délicat et vous faisait sombrer dans un petit sommeil douillet. Elle avait les yeux fermés lorsqu’elle sentie des gouttes d’eau parfumées à l’agrume lui perler sur le visage.


Elle ouvrit les yeux et le trouva, une serviette autour de la taille, encore ruisselant de sa douche, penché sur elle avec la ferme intention, semblait-il, de la couvrir d’ardents baisers. Elle tendit gracieusement la tête vers lui pour accepter cette invitation inespérée. Leurs lèvres s’enlacèrent alors dans un balai qui n’en finissait pas. C’était si langoureux, si doux, si lent. Il passait la main dans ses cheveux et paraissait suppliant de caresses. Son corps ondulait sur celui de Juliette qui s’accrochait au fauteuil de peur de s’enfuir. Elle sentait sa queue pressée contre son corps. Jérôme effleurait de ses lèvres la peau délicate de Juliette : de ses joues, du lobe de son oreille, de son cou … Quand Juliette allait dénouer la serviette qui la séparait de se voir offrir le corps de son amour secret, Jérôme prononça son nom et la fit sursauter.

« _ Juliette! Je suis prêt, on peut partir ! » Ce n’était qu’un rêve, elle s’était assoupie, laissant dévaler une goutte de salive sur le coin de ses lèvres.

 

Ils prirent alors la route dans un camion aménagé ; un de ceux dont raffolent les voyageurs et qui leur donnent un goût de liberté. Elle resta un moment silencieuse, repensant, non sans rougir, à ces délectables instants où son imagination l’avait emmenée dans une vague de chaleur qui lui était difficile de quitter, les yeux rivés sur le torse resté nu de son conducteur dont elle ne perdait pas une goutte. Puis ils reprirent le dialogue, peu à peu. Elle restait troublée par ce fantasme si réaliste et s’efforçait de ne rien faire transparaître. Le naturel revint très vite prendre sa place et les échanges se firent, comme à leur habitude, intenses, impliqués, enrichissants … Ils aimaient parler ensemble. Chaque sujet devenait passionnant, propice à exposer les idées qu’ils avaient sur le monde. Car des idées…. Ils en avaient !!! Jerôme et Juliette étaient deux passionnés de la vie, de l’humanité et espéraient tous deux avec force, qu’il était possible de vivre mieux les uns avec les autres et s’insurgeaient tous deux, lorsqu’ils se trouvaient face à une réalité plus sombre. Ils pouvaient passer des nuits entières à discuter ensemble, ne s’apercevant du temps qui passait qu’en constatant le nombre de bouteilles de vin vidées jusqu‘à la dernière goutte.

Ce qu’ils pouvaient rire ensemble. Tantôt l’un de l’autre, tantôt d’une situation comique, car ils riaient des mêmes choses. Ils avaient tellement de points communs. Ils s’émerveillaient chacun, sur la route, d’une goutte sur le pare-brise reflétant un arc en ciel ; d’un chevreuil aperçu au loin dans un champ teinté de rose par le coucher de soleil ; d’un bosquet semblant caché un paradis de nature ; d’un arbre isolé, dépourvu de feuilles, vraisemblablement arraché à la vie par la foudre, mais dont la forme si peu ordinaire lui donnait un air majestueux. C’est alors qu’ils furent époustouflés par un étang survolé de brume, reflétant les dernières lueurs du jour, couronné par un petit banc en surplomb et dont l’accès se faisait par un chemin boisé.

 

Ils ne purent résister à la tentation d’aller savourer un instant de calme sur ce charmant perchoir en fumant un peu d'herbe. Ils pénétrèrent dans l’allée. Juliette désigna du doigt qu’ils étaient arrivés au niveau du ponton. En étendant son bras, elle frôla de sa main l’épaule moite de Jérôme et son corps s’électrisa. Elle ferma les yeux et se retrouva sur le vieux fauteuil de cuir. Elle se tira rapidement de sa rêverie mais ne pouvait retenir l’excitation qui montait en elle et qui faisait battre son clitoris d’un afflux significatif. Ils s’installèrent et fumèrent leure cigarette enchantée dans le même silence qui avait accompagné la préparation de celui-ci. Ils savouraient la quiétude dans laquelle ce lieu les avait plongés. Juliette n’était pourtant pas si calme qu’il y paraissait. Elle sentait perler toute l’humidité qui parcourait son entrejambe et omnubilée par des pensées torrides plus osées les unes que les autres. Le temps s’écoulant, ils devaient reprendre leur route. Juliette ouvrit la porte de l’arrière du camion et saisi une bouteille d’eau. Ils avaient besoin de se désaltérer, un peu, et surtout, elle avait besoin de se refroidir les idées, beaucoup. Elle bu goulûment et une goutte d’eau ruissela doucement de sa bouche.

Avant même d’avoir eu le temps d’y porter sa main pour s’essuyer, Jérôme venait recueillir le liquide de sa langue chaude, et embrassa Juliette avec fougue. Elle ouvrit grand les yeux ; c ‘était bien réel cette fois ci.

 

Leurs langues se mêlaient, se démêlaient, se caressaient, se repoussaient. Ils ne pouvaient séparer leurs bouches. Leurs mains parcouraient avidement le corps de l’autre, passant de la nuque au dos, du dos à la poitrine, de la poitrine aux fesses pour atteindre leur sexes. Leurs lèvres se délièrent enfin. Juliette mordilla alors le cou de Jérôme dans un équilibre parfait de délicatesse et de sauvagerie. Elle le sentait frémir et la serrer de plus en plus fort contre son corps.

Elle descendit le long de ses pectoraux et continua son jeu de langue et de pincements sur les tétons de son homme ; car en cet instant, il devenait son homme. Il tenait la tête de sa marchande de plaisirs entre ses mains. Elles s’en échappa en glissant lentement plus bas… juste un peu plus bas. Elle dégrafa son pantalon, et mis à jour le précieux instrument. Elle lécha doucement le frein, puis pris le gland du bout des lèvres pour y goûter, une fois, deux fois avant de l’enfourner jusqu’au fond de la gorge et d’entamer une suite de va et vient.

 

Jérôme, emportés par les sensations, redressa Juliette et lui ôta avec empressement son débardeur laissant découverts ses seins. Il les caressa avec tendresse avant de prendre l’un puis l’autre à pleine bouche, tétant avidement les tétons si durs. Elle plaquait la tête de Jérôme contre sa poitrine semblant vouloir qu’ils puissent entrer tout entier dans la bouche de son bien aimé. Il la souleva d’un bras par la taille pour l’asseoir sur le rebord du caisson de l’entrée du camion, saisit sa culotte pour l‘enlever, et glissa sa tête sous la jupe légère et virevoltante de Juliette.

Il déposait de doux baisers sur la partie visible de ses fesses impatientant ainsi son clitoris, comme pouvaient le dénoncer le déhanchement incontrôlé et les gémissements de Juliette. Jérôme s’en amusa et décida de prendre son temps avant de déposer la chaleur de sa langue sur ce point sulfureux. Il continua d’embrasser les fesses, embrassa le pli de la cuisse, donna un coup de langue aguicheur mais ne s’y attarda toujours pas. Il pinça de sa bouche les lèvres de la vulve, ici et là jusqu’à venir enfin titiller et lécher encore et encore plus fort le clitoris submergé d’excitation. Juliette, le corps menant une danse rythmée par ses cris, se contracta plus fort que jamais lorsque que l’orgasme éclata en elle.

 

Elle le pris par la main et se retourna à genou pour s’installer sur le lit. Il lâcha soudain sa main pour saisir ses hanches et avant même que Juliette ne comprenne qu’il été prêt, elle sentit sa verge la pénétrer, la bouleversant de surprise, et de plaisirs intenses. Ils échangèrent ainsi un bouquet de sensations. Chacun exprimant très bruyamment l’extase qui s’emparait d’eux. Juliette émis un hurlement qui indiquait clairement qu’elle venait d’être comblée.

Il se retira et elle le plaqua sur le dos. Elle s’empalait désormais sur lui, entreprenant des rondes du bassin ; en avant.. à droite… en arrière… à gauche... Jérôme perdait pieds et s’apercevant que Juliette faiblissait, il la renversa à son tour sur le dos.

 

Ils s’embrassèrent à nouveau langoureusement, se tenant les mains, la respiration haletante, leurs corps recouverts d’un voile humide qui traduisait l’énergie avec laquelle ils se donnaient l’un à l’autre. Jérôme happa un sein de la bouche pour le lécher avec frénésie tout en s’invitant à nouveau dans ce vagin toujours accueillant. Il effectua quelques va et vient, leur souffle s’accéléra, plus chaud encore, elle ondulait son bassin de plus en plus fort, il intensifiait ses déhanchements. Tout lui semblait tellement intense, surréaliste. Jamais elle n’avait connu tel moment. Il l’étreignit soudain très fort, elle amena ses jambes sur les épaules de Jérôme qui, sentant qu’elle se contractait, accentua encore ses mouvements, encore... et encore.. aaaaah …. jusqu'à ce qu'il jute.

Il resta en elle, la serrant dans ses bras comme s’il avait peur qu’elle disparaisse. Ils savouraient en silence cette intimité qui les avait envahie et s’endormirent dans les bras l’un de l’autre bercés par une sérénité surprenante.

 


A leur réveil, ces jolis instants s’assombrissaient d’une teinte de clandestinité. La vérité les rattrapait. Il n’était pas seul et ce qui venait de se passer devait entrer dans l’ordre de l’éphémère. Ils reprirent la route vers la réalité. Elle revivait ce rêve sans mot dire, le coeur serré. Soudain, Jérôme s’arrêta sur le bas côté. Il plongea son regard dans celui de la belle Juliette et lui déclara qu’une seule évidence restait en suspens : ils étaient fait pour être ensemble. Il soutenait le regard de Juliette, la suppliant de son approbation.

 

Jamais elle n’aurait pu soupçonner de se trouver dans cette situation. Elle hésita un instant à accepter un rôle peu flatteur de briseuse de couple. Puis le souvenir de leur rencontre lui surgit à l’esprit : leurs yeux aimantés. Comment refuser de vivre ce après quoi tout le monde court, parfois toute sa vie ? Comment refuser de vivre un coup de foudre ? Alors ils se sourirent, elle posa délicatement ses lèvres sur les siennes comme pour sceller leur lien qui, c’était certain, survivrai à toutes les tempêtes.

Aleph

Photo by Fancycrave on Unsplash

#espritBD


Les commentaires

Ritchi à 13:18, le 12 mars 2019


Magnifique...

Den13 à 13:26, le 12 mars 2019


Magnifique récit... merci pour ce voyage

Cunilover91 à 13:32, le 12 mars 2019


Sensible sensuel rêveur

MrAndromaque à 19:30, le 12 mars 2019


Eh bien je ne suis pas déçu une fois de plus Aleph, ces deux amants ont vécu ce qu'il y a de plus beau même si ce n'était que dans la clandestinité... merci de nous avoir transporté par tes mots j'attends de voir ce que la suite sortira de ta plume.

aleph à 21:43, le 12 mars 2019


Merci beaucoup de vos retours. Je suis hyper contente de vous partager cette petite part de moi et absolument ravie qu'en plus, vous passiez un bon moment ...

secretje à 23:39, le 12 mars 2019


Très beau texte. Merci à toi Aleph pour ce superbe récit. Vivement le prochain...

Djibi à 07:57, le 13 mars 2019


Superbe récit de ces 2 amants. Bravo a toi et Merci pour tes jolis récits

Steph118 à 12:26, le 17 mars 2019


Magnifique récit

Steph118 à 12:26, le 17 mars 2019


Magnifique récit

aleph à 18:18, le 22 mars 2019


Je suis extrêmement contente de vous embarquer dans mes histoires. Merci pour vos retours !


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