Pour une Sappho, l’impossible Lolita, alors...

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Pour une Sappho, l’impossible Lolita, alors...

Nouvelle érotique

Découvrez un extrait de la nouvelle érotique de Milan Roman, "Pour une Sappho, l'impossible Lolita, alors..."

Hélène Humbertini n’en revenait pas. Le livre de Vladimir Nabokov lui tomba des mains. Il avait osé. Elle lui avait dit tellement de choses sur sa passion pour Lolita G. Elle lui avait même raconté ses rêves, comme lorsqu’elle se voyait, elle, sa professeure de Français, la tenir entre ses bras et l’embrasser, l’embraser. La première fois qu’elle avait eu ce songe, c’est lorsqu’elle avait fait la connaissance de Lolita, un jour d’été, en fin d’après-midi, alors qu’elle rendait visite à sa mère (qui était une tendre amie), et qu’elle avait vu Lolita être allongée sur le gazon béni, vert irradiant, qu’elle avait été hypnotisée par le sourire angélique de l’adolescente. Elle s’était vue, assise sur un rocking-chair, baignée par une lumière adoucie par une fenêtre aux carreaux épais, et Lolita sur ses genoux, qui approchait son visage du sien, ses lèvres qui, sans un mot, laissaient filer un discours d’Amour, et elle qui se laissait embrasser par l’adolescente. Mais c’était un rêve, et depuis qu’elle en avait subi la douche froide, elle s’était ingéniée à ne pas succomber à cette attraction pour une jeune femme avec laquelle elle ne pouvait vivre une telle relation, en raison de son âge. Et c’est ce qu’elle avait parfaitement expliqué à Nabokov, et voilà qu’elle découvrait qu’il avait transcrit son histoire et son récit, pour en faire une histoire entre un homme et une adolescente. Et, bien que l’histoire et le récit soient, dans leur Amérique puritaine, parfaitement choquants, elle découvrait également que Nabokov recevait des éloges du monde entier, enfin, surtout des élites, au sein desquelles la vieille pédérastie grecque continuait d’exister, sans être nommée et assumée comme telle. Elle connaissait des collègues, d’estimables et estimés collègues, qui, au sein de l’Université où elle travaillait, prenaient sous leurs ailes des jeunes garçons et des jeunes filles, pour le dire par une métaphore acceptable. Elle, Sappho, ignorée comme telle de la plupart des adultes, de l’Université, de son quartier, de l’Église qu’elle fréquentait, et même si la première et unique Sappho de la Grèce antique avait, dit la légende, eu des sentiments, voire des relations, avec des adolescentes de son temps, elle s’était fixée pour principe de vie, de ne jamais se laisser aller à une attraction, à des gestes, pour une adolescente. La seule chose qu’elle s’autorisait, c’était d’en rêver, et de l’écrire, dans des récits qu’elle ne publiait pas, et qu’elle avait eu tort de faire connaître à Nabokov, pillard, copieur, imitateur, voleur – mâle ! Elle s’était demandée pourquoi, en sus des femmes qu’elle désirait, et, avec lesquelles elle passait des après-midi charmants, elle pouvait, elle aussi, avoir des rêves érotiques, avec une adolescente, et parfois même, avec plus qu’une seule adolescente. Etait-elle perverse ? Etait-elle comme ces mâles, prédateurs – même si, jusqu’ici, sa volonté avait réussi à l’empêcher de verser dans un tel penchant ? Ou, au contraire, s’agissait-elle de protéger ces adolescentes, en leur montrant que le vrai chemin de l’Amour était entre femmes, et entre femmes, uniquement ? Et ces adolescentes, avaient-elles des désirs semblables ? Bien sûr elle n’ignorait rien des théories de Freud et de ses héritiers, mais elle ne faisait aucune confiance à ces mâles, qu’elle jugeait contradictoires, comme les puritains qui l’entouraient, lesquels vilipendaient la «sexualité non conforme», et en étaient obsédés, jusqu’à la folie, jusqu’aux crimes, jusqu’à cette pédophilie dont elle avait connaissance et qui la scandalisait.





Comment savoir si une Lolita éprouvait des désirs lesbiens ? Et de toute façon, même si cela devait être le cas, elle ne pourrait rien en faire, parce qu’elle s’y refusait, et parce qu’elle ne voulait pas croupir dans une prison des Etats-Unis. Elle se demanda alors si elle ne devait pas suivre le chemin tracé par Nabokov : sublimer son désir dans une œuvre littéraire, où elle pourrait évoquer un Amour interdit. Et plutôt que d’inventer un récit de pure fiction, elle pensa qu’elle devait le nourrir avec une parole vivante. Elle réfléchit à un stratagème, qui lui permettrait de recueillir cette parole, et de l’intégrer à une œuvre, forcément secrète, en tout cas pour de très longues années. Elle ramassa le livre de Nabokov qui était tombé à ses pieds, et elle le parcourut à nouveau. La lettrée qu’elle était fut abasourdie par la préciosité de la langue, par l’architecture savante du récit, des phrases, par le va et vient entre les perceptions esthétiques du narrateur, ses sentiments, ses idées. Elle ne retint pas son admiration, pour son ami, même s’il avait transposé dans ce récit des rêves, ses rêves, et non des faits. C’était il y a deux ans, le 14 juillet 1957, qu’elle avait fait la connaissance de Lolita, idéalement allongée sur la pelouse du jardin de la demeure de sa mère. Cette femme, Elisabeth, elle l’avait rencontré à la bibliothèque de l’Université, parce qu’elle y était venue pour y déposer des livres, qui avaient été commandés auprès de la librairie dans laquelle elle travaillait. Elles avaient immédiatement sympathisé. Ces atomes crochus entre femmes, les hommes les percevaient, mais ils ne pensaient pas à leurs présupposés comme à leurs conséquences, parce qu’ils réduisaient les femmes à être, comme eux, des bavardes. Ils ignoraient tout des caresses, physiques ou mentales, que les femmes pouvaient se prodiguer, lorsqu’elles étaient réunies, pour parler, «chiffons», enfants, maisons, frustrations, etc. Là où les mâles avaient une conscience rivée sur l’utilité, le sens, social, les femmes pensaient à elles-mêmes, à leurs sentiments, aux si nombreuses déceptions de leur vie, qui était tellement encadrée, cadenassée, ennuyeuse. Et, pour atténuer cet ennui, qui pouvait même être mortel, elles étaient enjouées, quand les mâles étaient ou sinistres, ou saouls. Et pour s’enjouer réciproquement, ces caresses, physiques ou mentales, très légères ou moins légères, étaient leur credo, l’alpha et l’omega de leurs relations, préservées, dans le gynécée où les mâles tenaient à les tenir. Avec Elisabeth, les premières caresses furent occasionnées par un déshabillage et habillage, pour l’essai d’une robe, pour Hélène. C’est elle qui s’était rendue dans la maison d’Elisabeth, en apportant cette robe, rouge. Elle avait pensé qu’elle allait prétexter un besoin de quelques perfectionnements, avec un fil, un ciseau, etc. A cette époque, Elisabeth vivait seule, parce que sa fille Lolita était en Europe, avec son père, un militaire en poste, pour l’occupation de l’Allemagne. Il avait fait jouer ses relations, pour obtenir la garde de sa fille, et Elisabeth avait été impuissante pour empêcher cela. Lolita était présente dans sa maison, par des photographies, mais celles-ci la montraient alors qu’elle était enfant – et Hélène ne pouvait deviner à ce moment-là qu’elle serait la jeune fille qu’elle découvrirait un fameux 14 juillet… Hélène demanda à Elisabeth si elle pouvait l’aider pour ces corrections, et celle-ci, douée pour ces actes précieux, exprima sa joie d’aider son amie. Elle fit monter Hélène dans sa chambre. Là, face à un grand miroir, aussi haut qu’elle-même, Hélène put se voir se dévêtir, lentement, même si elle garda sur elle, son porte-jarretelles, une gaine, son soutien-gorge épais. Elisabeth l’aida pour enlever ses vêtements, une jupe et son chemisier, et c’est dans ces gestes que leurs peaux se frôlèrent pour la première fois. Les sensations d’Hélène furent immédiatement électriques. Habituée qu’elle était à séduire des femmes, elle complimenta Elisabeth, pour la douceur de sa peau, en lui demandant si elle utilisait un produit cosmétique. Et, joignant l’éloge et la question à un geste, elle parcourut de sa main droite la peau douce de l’avant-bras d’Elisabeth, laquelle la laissa faire. Dans les minutes qui suivirent, les propos de l’une et de l’autre furent accompagnés de regards langoureux et de caresses anodines. Mais pour Hélène, aucune n’était anodine. Chacune lui procurait une sensation électrique, qui, ajoutée à la précédente, formait le début d’un rythme musical, dont elle connaissait les sommets. Quand, une heure plus tard, elle était allongée, nue, aux côtés d’Elisabeth, et que sa main gauche, posée sur le sexe de son amante, lui fit suivre un rythme de plus en plus rapide, elle comprit, à l’expression d’Elisabeth, qu’elle n’avait jamais joui comme cela, tellement elle parut éberluée par la force de son extase. Hélène était ravie d’avoir, une fois de plus, fait comprendre à une femme que seule une autre femme était capable de l’amener à une telle puissance de jouissance.
A peine Elisabeth avait repris sa respiration, qu’Hélène s’allongea sur elle, en veillant à ce que son propre sexe, ses lèvres, soient parfaitement joints, au sexe de son amante, avant de reprendre l’effort d’une cadence qui provoqua chez Elisabeth un plaisir extraordinaire, attesté par l’intensité de son écoulement intime. Quand Hélène décida d’aller chercher, entre les jambes d’Elisabeth, une part de cet écoulement océanique, elle comprit que, là encore, Elisabeth n’avait jamais eu l’intuition qu’une femme pouvait ainsi l’aimer, et lui faire un bien fou, tant ses yeux posés sur elle associaient dans son regard, joie, peur, interrogation, gratitude, etc. Dans les mois qui suivirent, Hélène suivit la transformation d’Elisabeth, qui, au début de leur relation, était une femme timide, et surtout très inquiète sur ce qu’elle devenait (avant sa relation avec Hélène, elle n’avait jamais pensé que les femmes pouvaient s’aimer et se caresser ainsi), et qui, au fur et à mesure des semaines, prenait de l’assurance, dans son désir, dans ses gestes, et dans ses désirs érotiques – c’est ainsi que, six mois après le début de leur relation, elle demanda à Hélène ce que celle-ci pensait de passer une nuit avec une autre femme, et elle. Hélène ne répondit pas immédiatement, mais, intérieurement, sourit, ravie qu’elle était, puisqu’il s’agissait d’un de ses propres fantasmes, qu’elle n’avait jamais vécu. Elle prit son temps pour répondre, afin de faire croire à Elisabeth qu’elle avait dû y penser, mûrir sa réflexion et sa décision – alors qu’elle était absolument en accord avec cette intention, dès le départ. Alors qu’elle continuait à parcourir le livre de Nabokov, elle pensa qu’elles avaient rendez-vous avec Samantha, dont elles avaient fait la connaissance ensemble quelques semaines plus tôt. Elle reprit ses esprits, et revint à son projet d’un livre secret, de sa recherche d’une parole sincère, vivante, d’une adolescente, sur ses désirs lesbiens. Elle pensa à ce qu’elle-même avait vécu, alors qu’elle avait 15 ans. Elle savait, depuis de son enfance, que les petits garçons l’indifféraient, l’ennuyaient, et longtemps elle crut que cette absence de sentiments pour ceux-ci la destinaient à une vie de nonne. Quand ses premiers émois pour des filles de son âge apparurent, elle ne sut qu’en penser, et plus, qu’en faire. Elle se souvint de la première fois qu’elle avait désiré une femme plus âgée, une «adulte». Et, de ce désir, elle avait pris des notes dans son premier carnet intime, qu’elle avait commencé à ce moment-là. Cette femme était une des voisines de leur famille. Elle venait de temps en temps chez eux, pour rencontrer sa mère, et ce pour les sujets habituels qui reliaient les femmes mariées, et les mères. Evidemment, avec cette femme, rien ne s’était passé, mais elle se souvenait de ses sourires lumineux, de ses yeux et de son regard tendre pour elle, de sa gestuelle, de ses mains, plus marquées, fortes, que celles de la plupart des femmes. Dans son carnet, elle avait imaginé qu’elle aurait accompagné, une après-midi, cette femme, pour une promenade dans la campagne, pour ramasser des baies et des fleurs, et que, à l’occasion d’un moment de repos dans cette balade, elles se seraient allongées l’une contre l’autre, et là, depuis des regards tendres, mais insistants, elles auraient rapproché leurs visages. Cette femme avait des lèvres charnues, notamment sa lèvre inférieure, toujours rougeoyante. Elle avait imaginé qu’elle l’aurait mordillé, léché, et même happé. Elle avait imaginé que cette femme en aurait été transie, avant de se laisser aller, et de répondre à ses baisers par d’autres baisers. Elle, qui était déjà très cultivée, s’était imaginée que leurs corps faisaient parties du poème de Baudelaire, Lesbos, et qu’elles étaient celles que le poète français avait évoqué, quand il avait écrit que «Lesbos, où les baisers, languissants ou joyeux,
Chauds comme les soleils, frais comme les pastèques, Font l'ornement des nuits et des jours glorieux» et des après-midi fameux ! Que, à «Lesbos, où les baisers sont comme les cascades, Qui se jettent sans peur dans les gouffres sans fonds,  Et courent , sanglotant et gloussant par saccades, Orageux et secrets, fourmillants et profonds ; Lesbos, où les baisers sont comme les cascades !», ce qui était si parfaitement dit, alors qu’elles ne cessaient de s’embrasser, tantôt doucement, tantôt avec fougue, tantôt uniquement de leurs lèvres, tantôt en mêlant leurs langues», que, à «Lesbos, terre des nuits chaudes et langoureuses, Qui font qu'à leurs miroirs, stérile volupté ! Les filles aux yeux creux, de leur corps amoureuses, Caressent les fruits mûrs de leur nubilité ; Lesbos, terre des nuits chaudes et langoureuses», et des après-midi fameux, comme cet après-midi fictif, où elles avaient cherché à fusionner leurs corps, en se mettant à nues.


Mais, dans sa vie, il n’y avait eu aucun baiser avec cette femme. Déjà, à cette époque, elle s’était demandé comment une telle femme aurait réagi, face à un tel désir ? Et quels regards les siens auraient jeté sur ce désir, sur son incarnation ? Plus tard, certaines de ses amies, Lesbiennes, lui avaient raconté des histoires terribles, de familles qui avaient expulsé de leur maison, une jeune adolescente qui avait commis la folie de vouloir vivre son désir, en parler. L’Église, consultée, avait évoqué le Diable, et la Terreur des familles aurait conduite de très nombreuses familles à rejeter leur propre fille, pour se protéger d’une malédiction. Elle avait bien fait de confier uniquement à son carnet intime ses désirs et ses rêves, et elle avait été très prudente, pour que ni sa mère ni son père ne le trouvent, ne le lisent. Alors qu’elle pensait à ce carnet, elle se rendit compte qu’elle avait donc commencé à narrer ses désirs lesbiens, dès cette époque de sa vie, et qu’elle n’avait cessé de le faire, jusqu’au jour où, enfin, la vie avait rejoint la fiction. Elle se dit que, puisqu’elle-même, adolescente, avait couché sur du papier ses représentations de l’Amour, qu’une partie de ses rêves concernait des femmes adultes, c’est que d’autres jeunes femmes devaient et ressentir de tels sentiments et faire comme elle, les écrire. Les mots, se disait-elle, ce sont des images, et elles doivent, comme moi, imaginer, mettre en images, ce désir, puisque nous, femmes, Lesbiennes, nous n’avons nulle part aucune représentation commune, publique, partagée. Elle se souvint que, alors qu’elle écrivait ses lignes dans son carnet intime, quand elle était adolescente, elle rêvait de photographies, d’être photographiée, avec une amante, de photographier des amantes, et que, depuis, elle n’y avait plus pensé, elle vivait dans une frustration permanente à l’égard de ce désir. Aucun livre dans une bibliothèque, dans une librairie, même aucun livre disponible «sous le manteau», et que dire alors de nos moments d’Amour, pensa t-elle ! Elle se demanda si, un jour, de tels moments seraient filmés, et les films seraient visibles par toutes, par tous. Elle ria - «une folie», pensa t-elle, une folle je suis, se dit-elle. Jamais les hommes ne permettront que cet Amour soit visible, et vu. Elle avait été adolescente, et elle ne l’était plus, elle avait écrit ses désirs, de femmes, et elle se disait que des adolescentes devaient faire comme elles – comment faire le lien entre elles ? Et comment faire de ce lien un texte commun ? Elle referma le livre de Nabokov, le posa sur sa table de chevet, et elle sortit de chez elle. Il était temps d’aller travailler, rencontrer ses chères étudiantes.


Je m’appelle Fédérica Leontini. Je suis une doctorante, chercheuse, à l’Université de Berkeley. Je prépare ma Thèse sur «Les vies sapphiques et leurs secrets, aux Etats-Unis de 1900 à 1970». Depuis deux ans, j’effectue des recherches, dans des archives publiques, nationales, ou dans des archives privées, sur des femmes, pour la plupart, «inconnues», qui ont vécu des relations amoureuses avec d’autres femmes, sur cette période. Le document que vous venez de lire, qui précède mon propos, est un texte que j’ai écrit, à partir de notes, gardées secrètes par une véritable Hélène Humbertini, qui a été professeure de Français, de littérature française, dans plusieurs Universités américains, entre 1950 et 1978, date de son décès. Les mots utilisés dans mon texte proviennent, pour l’essentiel, des notes écrites par Mme Humbertini, dans plusieurs carnets. Ceux-ci ont été conservés par la dernière amante de Mme Humbertini, Mme Samantha Geitffer. C’est en lisant un article sur Internet, consacré à mon travail de recherche, qu’elle a pris contact avec moi, pour me parler d’Hélène, de sa vie, de ses écrits. Ce que celle-ci raconte à propos de Vladimir Nabokov, j’ai fait des recherches précises sur le sujet, est, hélas, rigoureusement exact. Elle a rencontré Nabokov trois ans, avant qu’il ne se mette au travail de son célèbre roman, «Lolita». Elisabeth, qui a été, en effet, l’une de ses amantes, était la mère de Lolita. Par d’autres recherches encore, j’ai réussi à retrouver celle-ci, qui vit en Californie, avec son mari. Elle m’a certifié que, jamais, Mme Humbertini n’a eu un geste équivoque à son égard. Elle a été stupéfaite d’apprendre que celle-ci avait eu un coup de coeur pour elle, quand elle était adolescente.


FIN DE L'EXTRAIT


Mars 2018 – Concours Le Bisou/Sensory – Milan Roman


Cette histoire vous a plu ? Un recueil de plusieurs longues nouvelles (saphiques, érotiques) sera disponible d'ici la rentrée.

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