Ma saveur sur tes lèvres

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Nous avons reçus de nombreux récits érotiques lors de l'appel à textes lancé sur Lebisou au printemps. Nous sommes très heureux de pouvoir partager avec vous un récit qui a particulièrement chamboulé le jury Lebisou : "Ma saveur sur tes lèvres". Nous avons tous adorés les scènes coquines. Sandrine Périgois, l'auteur de ce texte, a écrit plusieurs romans que je vous recommande les yeux fermés !

Ma saveur sur tes lèvres

Tout commence par un baiser; C’est le début d’un nouveau chapitre, une majuscule, une entrée en matière. Ce fût le cas pour mon histoire d’amour il y a plusieurs années. Jamais personne ne m’avait embrassée avant Jules et j’ai frémi quand il a plaqué sa bouche sur la mienne. Un frisson m’avait alors parcouru malgré la chaude humidité de sa langue. Un bisou rapide et pudique devant le maire et le curé a signifié mon appartenance à ce même homme en faisant de moi une épouse.

Mais surtout, plus récemment, un #baiser fût à l’origine de ma renaissance. Un échange de salive émotionnelle, des lèvres qui se caressent du bout de la langue, les souffles chauds qui s’entremêlent. Ce n’était pas un frisson cette fois, mais une tempête, un mistral violent qui m’a renversé. Il y a différents types de baisers : les courtois qui disent bonjour, les romantiques qui signifient je t’aime, les ardents qui traduisent le désir. Celui-là voulait tout dire. Il a commencé timidement, empreint de respect et d’hésitation, pour ne pas dire de malaise, avant de devenir tendre, puis sensuel, pour finir par me pénétrer l’âme.


Avant de vous en dévoiler davantage sur ce baiser si bouleversant, je dois vous raconter comment je me suis étrangement retrouvée dans ce nirvana inconnu.


Je ne connaissais pas cette sensation, celle qui donne envie de rire et de pleurer en même temps, celle qui submerge sans noyer, l’euphorie d’un contact ou l’excitation d’une situation. Je vis de petits rien, de bonheurs simples qui font sourire. Finalement, mon quotidien est un électrocardiogramme bien rythmé sans pics ni cratères ; une survie. Si je dois me catégoriser, je me placerais dans la case des couples stables. Vous savez, les colocataires en fait. Mon mari fût mon premier amour, mon premier amant, mon premier tout.

Depuis huit ans maintenant, nous vivons ensemble, enfin l’un à côté de l’autre, nous partageons le même espace. Notre domicile est d’ailleurs à peu près tout ce qui nous uni. Un train-train, une ligne plate, définie, que nous suivons par habitude comme un fil d’Ariane, juste parce que « c’est comme ça ». L’aspect sexuel ne déroge pas à la règle. Il faut en parler du sexe, c’est important dans un couple à ce qu’il paraît. Je ne comprends pas bien pourquoi.  Chez nous, c’est un rituel, le même depuis huit années : Les lundis et jeudis après le journal de David Pujadas, mais avant le film de TF1. Et tous les samedis, après le yaourt en dessert, mais avant les séries de M6.

J’ai fait le calcul, cela fait 832 missionnaires de 7 minutes environ, soit trois cent quarante-neuf mille quatre cent quarante secondes de pénétration sur le dos et quatre cent seize levrettes de 5 minutes (il est bien plus excité dans cette position) soit deux milles quatre-vingts minutes à quatre pattes. J’ai tout calculé de tête, un soir où, justement, son bassin venait  frapper mon cul à rythme régulier, comme quand la cloche de l’église sonne les douze coups de midi. J’avais terminé mon décompte de minutes et de secondes de sexe dans ma vie quand un râle a jailli de sa bouche et que sa semence s’est répandue au creux de mes reins.


D’habitude, je fonce me doucher aussitôt pour ne pas salir les draps et quand je reviens la télévision est allumée. Il n’y a pas un son qui sort de sa gorge avant les ronflements qu’il ne tarde pas à émettre. Un léger baiser pour me souhaiter une bonne nuit, ou pour me remercier du plaisir que je lui ai offert et un silence qui s’installe.  Mais ce soir-là, en revenant me glisser sous les draps, le poste était éteint. Je le connais par cœur mon mari, je peux prévoir chacune de ses réactions, décrypter la moindre de ses attitudes. Nous allions avoir une discussion et sérieuse si j’en crois son air déterminé. Peut-être sur la nouvelle cabine de douche qu’il veut installer, ou sur les mimosas qu’il faudrait tailler. Je m’installe la tête sur l’oreiller, attendant qu’il dévoile l’objet de cette soudaine gravité :


— Pour notre anniversaire, samedi prochain,  j’ai pensé qu’on pourrait se rendre en club.
Il ne passe jamais par quatre chemins, quand il a une idée en tête. Il ne tourne pas autour du pot, il me la balance, et je n’ai plus qu’à acquiescer en souriant. Mais, à cet instant précis, je ne comprenais pas vraiment où il voulait m’emmener. Devant mon air interloqué, il reprit :
— En club libertin. Tu sais, ces sortes de boîtes de nuit, agrémentées de coins câlins pour rencontrer des gens.
En gros dans ma tête, cela signifiait juste «  boîtes à partouzes ». Sans attendre ma réponse, sans que je puisse poser de questions, sans que je connaisse ses motivations exactes, il a empoigné la télécommande et lancé sa série policière. Le sujet était clos, nous irions baiser avec des inconnus.

#epub


Impossible de me plonger dans mon roman, incapable de suivre le feuilleton non plus. Je me sentais salie rien qu’à l’idée qu’il puisse avoir envie que quelqu’un d’autre me touche, trahie à l’évocation d’une autre femme qu’il prendrait en levrette (ça sera un samedi, une autre position n’est donc pas envisageable). Je me suis inventée un tas de scénarios, j’ai imaginé des quantités de pervers qui ignorent l’intimité et qui coïtent sans sentiment. En quoi cela pourrait-il être excitant de se mêler à ces étrangers à poil qui viennent dans ces lieux comme ils se rendraient au marché ?


J’ai passé la semaine à ruminer, sans oser aborder le sujet plus ouvertement. Quelle idée ! Fêter notre union en se dépravant avec d’autres. C’est donc ça l’amour ? Me livrer à des hommes dont on ignore tout et me partager ? Pourtant, au fil du temps j’ai commencé à sentir une légère excitation. Personne à part mon Jules n’a caressé ma peau, je n’ai jamais vu un autre sexe que le sien. S’il en existe sûrement de toutes les tailles, y-a-t-il aussi différentes formes ? Devrais-je prendre dans ma bouche des pénis fièrement tendus vers mes lèvres ? Je le fais rarement à mon propre époux, alors ça pourrait être étrange d’offrir ce plaisir au mari d’une autre. Tous les hommes ont-ils le même goût ? Est-ce que mon corps se fera mon allié en humidifiant suffisamment mon intimité pour ne pas avoir mal ? Et si je prenais du plaisir ? Ne serait-ce pas une trahison d’aimer sentir un autre homme entre mes cuisses ?


Le samedi après-midi, nous nous sommes rendus dans une boutique dans laquelle je n’aurais jamais imaginé mettre un pied. Des déguisements de soubrettes ou d’infirmières, très peu de tissu, un peu de dentelle, beaucoup de transparence. Des culottes percées, des strings à paillettes, des pinces à tétons, des cravaches… J’ignorais jusqu’à l’existence de ce genre d’objets. Bien obligée de choisir une tenue, j’ai jeté mon dévolu sur une jupe en cuir, des bas noirs et un chemisier en satin également noir. Je disposais à la maison d’une paire d’escarpins aux talons vertigineux que j’avais dû porter une fois seulement. Jules mettrait son costume, le seul qu’il possède, celui de notre mariage. Il me faut reconnaître que cette virée nous avait sortis de notre quotidien et que malgré ma gêne évidente, nous nous étions bien amusés.


En rentrant, nous nous sommes isolés, chacun dans notre coin. J’ai passé les bas que j’ai fait glisser le long de mes jambes, doucement, pour ne pas les filer. Sur les conseils de mon cher et tendre, je n’ai pas mis de sous-vêtements. Il semblerait que ce soit une insulte d’en porter dans ce type de lieux. La jupe était la plus longue du magasin, elle m’arrivait à mi-cuisse, et le haut ne possédait pas assez de boutons pour cacher la naissance de mes seins. Je me suis contentée d’un maquillage sobre : fond de teint pour cacher les cernes dus à ma semaine d’insomnie, eye-liner pour rehausser mon regard et faire ressortir mes yeux noisette. Mes cheveux, remontés en chignon, dégageaient ma nuque, allongeant mon cou. Je me suis regardée dans le miroir de la salle de bain sans me reconnaître. Je préférais cela, me sentir loin de moi-même. Tout ce noir me donnait la sensation d’être en deuil. J’allais enterrée ce que fût mon mariage jusque-là, paix à son âme, il n’était pas parfait mais il était confortable. Je scellais ainsi le cercueil de ma vie convenable en le recouvrant de la terre du vice.

#epub

J’ai rejoint mon homme dans le salon. Il était beau avec sa chemise blanche entre-ouverte, sa veste bien coupée et ce pantalon qui laisse entrevoir les formes de ses fesses arrondies. Une lueur lubrique est passée dans ses yeux, il me découvrait plus femme, plus sexy. J’ai cru apercevoir un début d’érection, mais il était déjà temps de partir.
Dans la voiture, je gardais le silence, tentant de trouver une raison valable de ne pas sauter de la Mercedes rouge achetée à crédit. Jules semblait heureux, chargé de désir, impatient de découvrir l’antre de la luxure. Il m’a rappelé à plusieurs reprises qu’il m’aimait et qu’il ne s’agissait que d’un jeu. Bizarrement, quitte à jouer, j’aurais préféré me lancer dans une partie de scrabble. Nous avons ainsi parcouru deux cents soixante-dix kilomètres. Il y avait bien des clubs plus près mais nous ne voulions pas risquer de croiser des clients. Mon mari étant banquier, il aurait été difficile de refuser un emprunt au couple qui nous avait baisé le mois précédent. 

#epub

Quand il a coupé le moteur sur le parking, j’ai cru que mon cœur s’arrêtait de battre. Plus un bruit, plus d’autoradio, la ventilation éteinte, un silence pesant s’était immiscé dans l’habitacle. BOUM BOUM, BOUM BOUM, mon cœur battait de nouveau, fort, cognant dans ma poitrine presque à nue. Jules est venu m’ouvrir la portière, pas par galanterie, seulement parce que, si il ne l’avait pas fait, je ne serais jamais sortie. Nous avons longé les véhicules de toutes sortes, des petites cylindrées, des monospaces, des cabriolets et même deux camping-cars. Les néons roses déchiraient la nuit : L’Alibi. Comme dans les affaires criminelles, si je me retrouve un jour jugée au tribunal de la vertu, je pourrais toujours prétendre avoir un alibi ! Cette pensée me fait sourire.

La porte en métal s’est ouverte sur un videur chauve en t-shirt moulant. Il nous a toisé quelques secondes avant de nous faire signe d’entrer. Il fallut tout d’abord payer, puis passer aux vestiaires où nous nous sommes vus échanger nos vestes contre des serviettes de bain. Enfin nous sommes arrivés dans la partie discothèque. Comme dans toutes les autres boîtes, la musique y était extrêmement forte, un bar dans le fond servait des boissons alcoolisées et des cocktails de toutes les couleurs. Sur la piste, des barres de pool dance sur lesquelles certaines filles s’affairent déjà, des cages dans lesquelles se déhanchaient des corps nus. Sur les banquettes, discutaient des gens d’apparence tout à fait ordinaire, tandis que d’autres se caressaient langoureusement sous les regards de quelques curieux. Nous avons déambulé quelques temps avant de monter un escalier sombre.

Nous n’étions pas encore en haut que déjà des gémissements s’élevaient dans les airs. Des lits ronds étaient dispatchés  au centre d’une pièce démesurée, de part et d’autre nous trouvâmes des espaces à demi clos aux ambiances radicalement différentes les unes des autres. La première chambre était plongée dans le noir, seules apparaissaient les planètes phosphorescentes du système solaire. La seconde était la reproduction d’une cellule moyenâgeuse, avec un matelas fin au sol, des chaînes au mur et une croix  de deux mètres possédant des lanières de cuir.

La troisième représentait un fond marin, il fallait y pénétrer à quatre pattes avant de se retrouver entourés de poissons tropicaux peints sur les murs et le plafond. Un couple y était allongé, leurs mouvements accentués par le matelas d’eau sur lequel ils se trouvaient. L’homme était au-dessus de la demoiselle qui avait posé ses jambes sur les épaules de son partenaire. Sa poitrine était tendue, ses tétons durcis par l’excitation. J’aurais dû détourner le regard, mais j’étais hypnotisée par le spectacle qu’ils offraient.

Je voyais les va-et-vient lents du type, son sexe pénétrant sans animosité une vulve trempée. Il entrait en elle jusqu’à la garde et je ne pus m’empêcher de penser quel plaisir cela devait être de sentir ses testicules rebondir sur son cul. Le regard de la fille croisa le mien, je m’attendais à ce qu’elle me hurle dessus en nous demandant de baisser les yeux, mais au contraire, elle a souri et notre présence sembla même décupler son plaisir.


Nous continuâmes notre visite en passant devant d’autres lieux, certains occupés, d’autres qui nous tendaient les bras. Une pièce en particulier attira mon attention; toute rose bonbon, des miroirs partout, un lit de coussins d’une douceur sans égale et une balançoire en cuir dont j’osais à peine imaginer l’utilité. La chambre rêvée pour une petite fille si on ôte le côté érotique bien entendu.

Nous sommes ensuite redescendus boire un verre. Jules avait de la malice plein les yeux, il ne me lâchait la main que pour caresser ma joue. Assise sur les tabourets hauts, les jambes croisées, j’offrais à de nombreux regards le spectacle de la dentelle de mes bas. Je n’en éprouvais aucune gêne et commençais à prendre plaisir à susciter le désir de certains danseurs. Toujours armés de nos serviettes de bain, nous empruntâmes l’escalier qui menait au sous-sol. Là, nous avons découvert une piscine. Pas de celle que les voisins ont dans leur jardin pour leurs enfants, pas non plus une piscine olympique, le but n’étant pas de faire des longueurs.

Le bassin en forme de haricot était éclairé par des spots sous l’eau, des arches de pierres donnaient l’impression de se trouver dans des termes romains. Quelques palmiers intelligemment placés pouvaient permettre à ceux qui le désiraient de se cacher des regards trop curieux. Il n’y avait pas plus d’une dizaine de personnes à se baigner, et j’eu envie de les rejoindre. Nous nous sommes déshabillés dans un vestiaire commun. J’ai bien vite enroulée la serviette autour de moi. Si la nudité des autres ne me dérange pas, je n’assume pas vraiment la mienne. Au bord du bassin, j’ai donc jeté ma serviette au sol avant de m’immerger le plus rapidement possible dans l’eau qui, bien que transparente, m’apparut comme un refuge. Je ne m’étais jamais baignée nue. La sensation de l’eau chaude sur ma peau était agréable, mais sentir les légers remous sur mon sexe était un délice.

J’étais englobée, pénétrée par le liquide clair, caressée. Un sentiment de sécurité m’a alors envahie, comme un retour à l’état fœtal. Une musique relaxante émanée de quelques haut-parleurs habilement dissimulés et dans un respect de l’instant, les gens autour de nous chuchotaient. Sans même un regard pour Jules, sans attendre son approbation, j’ai déambulé dans la piscine, attardant mon regard sur une scène peut-être un peu choquante mais diablement excitante. Un homme était assis sur le rebord, la tête incliné en arrière s’offrant entièrement. Depuis le bassin, sa partenaire tenait en bouche son membre viril, exerçant des mouvements doux et contrôlés. Elle tenait du bout de ses lèvres un plaisir qui ne saurait tarder à jaillir. Cette femme ne faisait pas que donner mais elle recevait aussi, de la part d’un second homme placé derrière elle.

Grâce à la transparence de l’eau je pouvais discerner le bassin de ce dernier tapé contre les fesses de la demoiselle. Il la prenait de plus en plus fort, maintenant ses seins entre ses mains. Plus il la pénétrait avec virulence, et plus elle accélérait le mouvement de sa bouche sur le pénis de l’autre. Je ne pouvais pas détourner les yeux, je sentais ma propre chair frémir, et mon liquide se répandre dans l’eau. Mon vagin se dilatait, ma poitrine pointait en avant et sans m’en rendre compte, mes doigts commençaient à se promener sur mon ventre, de plus en plus bas, vers mon mont de Vénus. J’allais atteindre mon propre graal du bout de mon index quand la fille a lancé sa tête en arrière pour laisser échapper un cri guttural, suivi du râle puissant de l’homme qui la baisait.

L’autre type a alors répandu sur la joue de la demoiselle la preuve de son plaisir. Elle a placé son visage sur la cuisse du premier qui lui caressait doucement les cheveux, tandis que le second lui offrait quelques baisers délicats sur la nuque. Il n’y avait finalement aucune perversité dans ce que je venais de voir, il y avait de la tendresse, de la gratitude et des sourires béats. Ce qui m’apparut finalement le plus inacceptable était que mon propre désir qui brûlait encore dans mon entre-jambe ne soit pas assouvi.

Laissant le trio se remettre de leurs émotions, je continuais à flâner, rejointe par Jules qui n’avait rien perdu du spectacle auquel je venais d’assister. Son érection traduisait l’état similaire au mien dans lequel il se trouvait. Nous nous sommes arrêtés dans un recoin, il m’a embrassé comme il ne le faisait plus depuis longtemps. Nos langues valsaient ensemble, nos corps chargés se frottaient l’un à l’autre. Ses mains passaient dans mon dos avant de rejoindre mon sexe ouvert à ses caresses. Mes doigts empoignaient sa tignasse bouclée, l’agrippant fermement pour ne pas qu’il s’éloigne. En ouvrant les yeux, j’aperçue un couple non loin de nous.

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Elle était dans les bras du type, ils nous regardaient, un large sourire fendant leurs visages coquins. Les rôles étaient inversés et je me plaisais à imaginer leur désir monter dans leur chair. Ils se sont avancés vers nous alors que Jules commençait à œuvrer entre mes cuisses, n’arrivant pas à tarir le désir qui m’habitait. C’est la femme qui, la première, a établi le contact physique, en embrassant le dos de mon mari. Je n’ai pas protesté, lui non plus. Alors l’homme s’est approché de moi pour s’emparer délicatement de mes lèvres. Ma conscience n’a pas bronché, noyée sous les litres de cyprine qui coulait de mon intimité. Jules s’est tourné vers la femme, laissant à l’autre la place qu’il occupait. Je ne me suis pas sentie délaissée, j’en avais envie.

Ses cheveux courts, sa barbe naissante, ses yeux d’un vert émeraude plongés dans les miens. Nous avons continué à nous embrasser tandis qu’il plaçait son érection contre mon clitoris. Enroulant mes jambes autour de sa taille, je l’ai invité à entrer en moi, ce qu’il fit aussitôt. Il y avait de la douceur dans sa pénétration et ses baisers. Son gland a franchi mon seuil, puis son membre entier m’a pilonné. De plus en plus fort. Je ne prêtais aucune attention à ce que pouvait faire mon mari avec la fille, je m’en fichais complètement, trop concentrée sur mon propre plaisir. Mon souffle s’accentuait de plus en plus, l’étreinte de mes cuisses aussi. Je sentais une boule de plaisir se formait au creux de mes entrailles, mon corps s’ouvrir davantage à chaque coup de butoir qu’il m’offrait.

La cadence s’accélérait, il avait pris possession de mon intérieur brûlant. Je ne pouvais retenir mes cris, le voulant encore plus fort, encore plus loin en moi. J’ai cru me déchirer quand l’explosion de plaisir a eu lieu. Une implosion qui explose ou une explosion qui implose, je n’arriverais pas à expliquer mais toujours est-il que j’ai crié si fort, que tous les regards se sont tournés vers moi. Sans reproche, sans gêne, certains baigneurs m’ont fait un signe de tête amical. Le final sonore que j’ai offert à ce public à semble-t-il remporté un vif succès.

Nous nous sommes vu offrir un verre par nos partenaires de jeu. « JEU », ce mot prenait soudain tout son sens. Il n’y avait dans ces rapports ni veille, ni lendemain. Il n’y avait que l’instant, le partage de sensations et d’émotions, sans contrat, sans réflexion ni interrogation. Il n’était question que de jouissance, de plaisir et je découvrais autour d’une coupe de champagne qu’il y avait aussi des échanges de rire et une complicité inédite pour moi. Je venais donc de m’envoyer en l’air avec Mathieu et sa fiancée se prénommait Christelle.

Aucune idée de leurs métiers, de leur histoire ou de leurs projets. Je connaissais leurs formes, le goût des lèvres de Mathieu, la taille de son sexe et le glabre de son pubis. Mais j’ignorais ce qui, dans un autre lieu, aurait été l’essentiel. Nous n’avions revêtu que nos serviettes de bain et à chaque geste de sa part, celle de Christelle glissait légèrement, offrant bientôt à mon regard un téton brun qui semblait me fixer. 

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Je compris alors que le désir, une fois assouvi, pouvait rester tapi dans un coin de mes viscères et bondir comme un diable hors de sa boîte à la moindre occasion. Je le sentais vrombir sous mon nombril, naviguer vers mon clitoris tel une caravelle de conquistadors. Santa Maria, j’avais encore envie ! Je désirais un peu Jules, beaucoup Mathieu et plus étonnant encore, je fantasmais sur Christelle. Sentant que mes envies étaient partagées, je pris l’initiative de me rapprocher du couple, une main sur la jambe virile de cet homme qui m’avait mené à la jouissance, et l’autre sur la cuisse tendre et douce de cette femme qui me faisait tant d’effets. Répondant par un clin d’œil malicieux à ma requête quelque peu explicite, Christelle me pris la main pour m’emmener vers l’étage des coins câlins. Suivies de près dans l’escalier par Jules et Mathieu, je sentais sur ma croupe des regards pleins de désirs.

Plus on avançait dans la nuit et plus les esprits s’échauffaient. Je pus apercevoir un homme attaché à la croix de bois dans la pseudo cellule. Un autre œuvrait sur son sexe pendant que deux femmes se caressaient mutuellement devant lui, sur le matelas. Le pauvre semblait vivre un délicieux calvaire, se débattant dans ses liens de cuir tout en savourant ce qu’on lui offrait.
Sur les lits ronds, se jouaient des danses sensuelles de corps entremêlés, de bouches qui se dévoraient, de peaux nues qui s’exhibaient. Tous étaient occupés à donner et à recevoir, submergés par les vagues d’un plaisir multiplié par la présence d’inconnus spectateurs.
La musique des jouissances s’élevait dans l’air chargé de sueur et de testostérone. Je découvris avec joie que la seule pièce disponible était la chambre rose qui m’avait tant plus en début de soirée. Mathieu a retiré ma serviette et celle de sa conjointe. Nous nous sommes allongées toutes les deux côté à côte. J’attendais que mon nouveau partenaire vienne s’occuper de moi au moins aussi bien que dans la piscine mais il n’en fit rien. Il s’agenouilla au pied du lit de coussins, imité par mon mari.

Ils nous regardaient avec une telle envie que je compris sans mal ce qu’ils attendaient de nous. Les doigts de Christelle passèrent sur mon mollet, puis remontèrent sur ma cuisse. Avais-je envie qu’elle me touche, juste là ? Elle esquiva mon sexe, ressentant peut-être mon appréhension, pour se diriger vers ma poitrine. Un de mes tétons dans la bouche, l’autre entre ses doigts fins. Bravant tous les interdits que ma morale, déjà ébranlée, avait érigés, je fis passer sur sa peau de lait un index tremblant.

Elle était si douce, pas comme la peau calleuse de Jules. Je pouvais sentir sous mon doigt, la chaleur qui se dégageait d’elle. Ses lèvres quittèrent mon sein pour entamer une descente vertigineuse vers ma toison. Elle était complètement épilée, et j’eu une subite envie de vérifier, si là aussi, elle était aussi douce. Mais pour le moment, je commençais à sentir son souffle sur mon clitoris, puis le bout de sa langue. Mes cuisses s’ouvrirent d’elles même pour lui laisser le champ libre vers mon antre. Son index, rejoint par son majeur, me fouillaient délicieusement.

Mes gémissements commençaient à retentir dans la chambre quand elle remonta son visage vers le mien. Et c’est là, oui, à cet instant précis, que ce fameux baiser eu lieu. Sa bouche si délicate était devenue un plateau remplie de ma propre saveur. Pour la première fois de ma vie, je pouvais me goûter. Tout d’abord timide, ma langue vint lécher la sienne. Je me découvrais sucrée, un léger goût d’amande qui n’était pas désagréable m’envahi ensuite le palais. J’eus cette impression de me déguster sur un toast de moelleux de lèvres féminines.

Ce baiser était lent, plein de respect et de complicité. Nous en avions oublié la présence de nos hommes tant nous nous délections l’une de l’autre. Mathieu prit le relais sur mon sexe, léchant goulument ce que je lui offrais. Ce baiser qui restera marqué dans ma mémoire se poursuivait avec davantage de désir. Ma respiration haletante se calant sur la sienne. En levant les yeux au plafond, je découvris les miroirs que j’avais oubliés. J’étais autant actrice que spectatrice de cet assemblement des corps et de cette symphonie de plaisir. Jules prenait Christelle en levrette (pas étonnant, nous étions un samedi soir). Il cramponnait les hanches de la jeune fille, la pénétrait avec une ferveur que je ne lui connaissais pas. J’eus envie de reprendre le contrôle, de découvrir encore plus de sensations.

J’ai donc plaqué Mathieu sur le dos pour le chevaucher. Je sentais au plus profond de moi ce membre que j’apprivoisais de plus en plus. J’ondulais sur lui, guidant son sexe vers mes zones érogènes. J’avais l’impression de me masturber sur son pénis, je contrôlais la cadence, l’angle, le surplombant de toute ma hauteur, offrant à son regard lubrique la vision de mes seins. J’ai alors senti qu’un nouvel orgasme montait en moi, encore plus puissant que le précédent. Mon vagin a éclos comme une fleur de printemps, et mon anus s’est dilaté tel un bouton de rose.

#epub

Tout mon corps s’est mis à vibrer sous mes mouvements sauvages. Je me suis sentie décoller vers une galaxie dont j’ignorais l’existence. Je n’ai pas gémi, je n’ai pas crié, j’ai hurlé à plein poumons, avant de retomber sur son torse, essoufflée et conquise. Quelle surprise de sentir encore une érection bien ferme au creux de mon ventre. Je voulais rendre la pareille, je voulais offrir ce que l’on venait de me donner.


Je me suis donc retirée, à contre cœur il faut l’avouer, de ce sexe encore tendu et couvert de mon humidité, pour le happer goulument. J’ai embrassé, léché, savouré, gobé, sucé avec une gourmandise frôlant la boulimie. Les lèvres de Christelle se sont jointes aux miennes, nous faisions danser nos langues autour de ce pénis qui nous était servi sur un plateau. Je baisais délicatement ses bourses tandis qu’elle avalait quasiment l’intégralité du membre. Puis elle prenait ma place sur les testicules de cet homme, qui verbalisait bruyamment son plaisir, alors que je suçotais son gland luisant. Il a répandu son plaisir sur nos lèvres et sans même un regard ou un geste pour lui, j’ai pris plaisir à recueillir la semence, du bout de la langue, au coin des lèvres de ma complice.

A travers ces baisers échangés avec Christelle, j’ai pu me goûter, me délecter de mon propre plaisir et de celui que j’avais offert à un autre homme que mon époux. Ce fût un début, un commencement. Je me suis découverte gourmande du plaisir entre femmes, en adoration devant la délicatesse féminine et la virilité d’un homme. 

Nous continuons à nous voir régulièrement tous les quatre, chez nous, chez eux ou à « L’Alibi ». Mon plaisir perdure toujours autant à me déguster sur la bouche de Christelle. Désormais, j’arrive à totalement lâcher prise et je me repends sur l’intégralité de son visage tant elle me fait jouir. Jules a délaissé la télécommande, nous agrémentons nos levrettes de fessées que je réclame. J’aime m’offrir à lui sur la table de la cuisine, dans la cabine de douche, dans la Mercedes rouge. Je souris fièrement quand je porte mes boules de geishas ou mon plug au bureau. Mais ce que je préfère, c’est le chevaucher, lui, Mathieu, ou d’autres hommes, comme la véritable amazone que je suis devenue. Désormais je vois en chaque corps un buffet de fête dont je me régale. Fin.

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